14- Tasmanie

Swansea, Tasmanie

Samedi 26 novembre 2016

130 km, total 9021 km

Arrivée à Hobart sous un ciel bien nuageux et tout gris. L’ambiance n’est plus vraiment estivale mais le paysage très rural est superbe et très sauvage. Il y a des moutons partout, vraiment partout; des montagnes, des pâturages bien verts, des forêts à perte de vue, une profusion de fleurs, de l’espace, et peu d’urbanisation. Nous partons vers le nord. Le paysage est bien vallonné, les maisons sont assez insignifiantes, comme à l’accoutumée, sauf une qui nous a attiré: les occasions sont rares, profitons-en.

Dimanche 27 novembre

Swansea, Tasmanie

142 km, total 9163 km

Et voici les joyeux randonneurs partis ce matin à la découverte du Parc National de Freycinet (du nom d’un sous-lieutenant de Napoléon venu faire un tour ici en bateau il y a quelques temps déjà). Une belle rando de plusieurs heures sous un ciel tout bleu nous a fait traverser de jolies forêts d’eucalyptus, marcher le long des plages, enchaîner par les rochers, tout cela avec une vue superbe sur la mer de Tasmanie, avec des côtes escarpées, des plages paradisiaques où l’on aurait bien tenté quelques brasses si le thermomètre affichait quelques degrés de plus. Mais le printemps en Tasmanie n’est pas le printemps à Sydney, mieux vaut garder la polaire pas trop loin. En tout cas, ce fut une belle journée ensoleillée.

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Et puis au retour, un kangourou gourmand et cabotin nous a permis quelques prises inespérées.

Lundi 28 novembre

Lunawanna, Ile Bruny, Tasmanie

323 km, total 9305 km

Quinze minutes de ferry, et nous voici arrivés dans un autre monde, presque un autre temps.

L’île Bruny, tout près de Hobart, capitale de la Tasmanie, est très sauvage et peu urbanisée. Ceux qui y vivent recherchent le calme, la douceur de vivre dans la nature, loin des villes. Beaucoup de routes sont en terre, il faut rouler doucement, d’ailleurs les animaux sauvages risquent à tout moment de traverser sans se soucier des rares voitures. La côte est superbe, une alternance de plages souvent immenses de sable très blanc et de côte rocheuse très découpée, de belles falaises. De la forêt partout, quelques vignes, beaucoup de fleurs et des troupeaux qui ont bien de la chance d’avoir autant d’herbe à brouter.

Soirée Leonard Cohen à Adventure Bay: quelques fans du chanteur (dont nos hôtes air b&b) se sont réunis pour lui rendre un dernier hommage en visionnant le film de son dernier concert à Londres tout en dégustant un vin chaud. La moyenne d’âge était à l’avenant, nous étions quasiment les plus jeunes, mais l’ambiance était bien sympa.

Mardi 29 novembre

Ile Bruny, Tasmanie

167 km, total 9472 km

Nous sommes allés voir le phare, un peu le but de notre visite dans cette île, puisque c’est là que se déroule l’histoire du livre qui nous a donné envie de voir cette île: The lighthouse keeper’s wife, de Karen Viggers (titre français: La mémoire des embruns). Et nous ne sommes vraiment pas déçus, les paysages sauvages, les baies brumeuses, la mer immense, l’isolement du phare, l’atmosphère d’un lieu à l’écart de tout, nous avons bien retrouvé l’ambiance du livre.

Mercredi 30 novembre

Hobart, Tasmanie

97 km, total 9569 km

Temps grisaillou sur la Tasmanie ce matin, mais qu’importe. Il nous restait à visiter Hobart et son musée Mona, unique en son genre.  Les scooters amoureux, les boîtes  de sardines décoratives et le mot « cabinet » en gouttes d’eau qui tombent du ciel, voilà une vision de l’art qui nous surprend agréablement. Je ne vous en dis pas plus, les curieux iront voir eux-mêmes.

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Demain, départ pour la Nouvelle-Zélande. Nous quitterons la Tasmanie sans avoir vu le diable, tant pis.

 

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3 réflexions sur « 14- Tasmanie »

  1. A quelques plages de sable blanc près on dirait l’Ecosse. Diable ou pas, j’ai bien aimé votre petit crochet en Tasmanie. je ne connaissais pas du tout, grâce à vous j’en ai vu et su un peu plus. merci des bisous.

  2. Justement, j’allais demander si vous aviez croisé le fameux Diable !
    Vous auriez pu, mais il ne doit rester qu’environ 50.000 exemplaire de ce marsupial carnivore découvert en 1807, devenu endémique, dont le nom scientifique est Sarcophilus narrisii…
    La femelle donnait naissance à 20 ou 30 petits alors que sa poche ne cachait que 4 à 6 mamelles… Les 4 ou 5 les plus forts survivaient après avec tué (ou empêché de se nourrir) les autres !
    Par contre, vous aviez été extrêmement chanceux de rencontrer son cousin plus imposant, le Loup de Tasmanie ou Loup marsupial ou Loup tigré ou Tigre de Tasmanie, de son vrai nom Thylacine, déclaré disparu en 1936 !
    De nombreuses personnes ont affirmé en avoir aperçu depuis, mais les expéditions n’ont pas permis d’en « attraper » un, ne serait-ce que sur la pellicule… que des traces et des cadavres de proies.
    Sa recherche fut l’objet de la 3e ou 4e expédition de l’aventurier-explorateur-navigateur-écrivain Patrice Franceschi (après le 1er tour du Monde en ULM et la traversée de la Papouasie), que j’ai l’avantage de rencontrer lorsque qu’il est à Paris pour des rencontres-discussions ou à bord de son 3 mâts-goélette La Boudeuse !
    On étudie actuellement le clonage de ce mythique animal figurant sur les armoiries et sur… les plaques d’immatriculation de l’île (cherchez si vous avez de photos !), à partir d’ADN prélevé sur des exemplaires conservés empaillés et d’embryons conservés dans des bocaux !

    Bises

  3. J’ai également été interpellé par le « Parc National de Freycinet, du nom du sous-lieutenant de Napoléon » : les péniches de canal sont au « gabarit Freycinet » qui détermine les dimensions des écluses (41,50 m x 5,17 m), parce que Louis-Charles de Saulces de Freycinet, né en 1828, ingénieur polytechnicien, ministre des Travaux Publics en 1877, Président du Conseil, Ministre de la guerre, des Affaires étrangères, candidat à la présidence, sous les présidents Mac-Mahon, Jules Grévy, Sadi Carnot et Raymond Poincaré… et plus tard membre de l’Académie des sciences et académicien… modernisa, compléta et uniformisa le réseau ferré français, puis celui des canaux !

    Alors j’ai cherché dans cette famille et trouvé les frères Louis-Claude & Louis-Henri de Saulces de Freycinet, sous-lieutenants embarqués pour l’expédition 1800-1804 du géographe Baudin sur les navires Naturaliste et Océanographe pour cartographier la Nouvelle Hollande (devenue Australie). A bord ils sont nommés lieutenants, puis sur place Louis-Claude devenu bon géographe et navigateur, devint second sur le Naturaliste, et un an après prit le commandement de la Casuarina, goélette achetée à Port-Jackson (devenue Sydney), plus pratique pour approcher les côtes et baies peu profondes, tandis que le Naturaliste rentrerait en France.
    Louis-Claude participa activement à la transcription des relevés sur des cartes de la côte Sud et de la Tasmanie, puis des côtes Est et Nord… Son frère (qui deviendra Amiral) prit le commandant de l’expédition et de l’Océanographe lorsque Baudin, comme beaucoup d’hommes, tomba malade.
    Une fois les travaux terminés, la Casuarina fut désarmée et l’Océanographe mit les voiles. Après un long arrêt à l’Ille de France (devenue La Réunion) où Baudin décéda, l’expédition réussie revint triomphalement à Toulon en 1804.
    La carte fut publiée en 1811 .
    Devenu Capitaine de Frégate, Louis-Claude embarqua pour un voyage autour du Monde à bord de la frégate Uranie de 1817 à 1820, avec des savants (dont Arago), dessinateurs, médecins, botanistes et jardiniers etc, 120 hommes +… un passagers clandestin qui ne se dévoila qu’en haute mer après Gibraltar…
    En fait c’était Rose, sa femme ! Il donna son nom à une île de l’Archipel des Navigateurs (devenu Samoa) et les noms de Pointe Rose et d’Anse Rose ont été donnés à deux parties de la côte qui touchent le cap Freycinet en Australie.
    Le voyage fut un succès scientifique, avec des expériences à Sydney sur le magnétisme et la pesanteur, des rapports, des caisses d’échantillons.
    Retournant en France par le cap Horn, l’Uranie, poussée par un coup de vent soudain, fut projetée sur une roche sous-marine non inscrite sur les cartes le 14 février 1820, près des îles Malouines (= Falkland). Équipage et matériel furent sauvés, sauf 18 caisses.
    Seulement 2 mois après, il furent sauvés par le Mercury, 3 mats baleinier américain, qui les déposa à Montevideo. Freycinet finit par racheter le navire qu’il rebaptisa Physicienne et leva l’ancre le 7 juin pour Rio.
    Après 3 mois d’arrêt technique il repartit, pour atteindre Le Havre le 13 novembre 1820.
    La longue expédition n’aura connu que 7 pertes humaines et 38 désertions (!).
    Élu membre de l’Académie des sciences en 1825, Louis-Claude participa à la création de la Société de Géographie.
    Epoque ou « aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas… »
    Elle est pas belle l’histoire ?

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