Whitianga, île du nord, NZ
Mercredi 14 décembre
.227 km, total 1604 km
Vous voulez faire la randonnée du Milford Sound? Raté, c’est complet jusqu’en avril. Celle de Routeburn alors? Oh, là, il fallait réserver l’année dernière. Et celle du parc Abel Tasman? Si vous vous décidez vite, il reste encore quelques places en camping en janvier, mais les huttes sont déjà toutes prises. Vous avez bien réservé vos places sur le ferry pour l’île du sud? Parce qu’il ne reste plus grand chose pour la période de Noël…. Encore un truc à organiser. Il faut donc tout programmer, savoir exactement où l’on sera dans un mois, nous qui aimons l’imprévu et les choix de dernière minute selon l’humeur du jour, ce n’est pas tout à fait dans l’esprit.
Il y a parfois un moment, dans un voyage au long cours, où l’on se demande ce que l’on fait là. Un moment creux, où l’on ne sait plus très bien ce que l’on veut, et c’est bien sûr là que la météo s’en mêle, sinon ce n’est pas drôle, on aurait envie d’être confortable, et on ne l’est pas. Ah! Comme je serais bien chez moi! Et là dessus, les amis nous parlent de neige, de ski, de pistes ensoleillées, de feux dans la cheminée et de fondue: heureusement que nous les aimons! Mais notre maison nous paraîtrait-elle si douillette et enviable si nous n’avions pas d’autres expériences?
Peut-être n’aurions-nous pas conscience de notre chance de vivre au Forest dans la « maison du bonheur » (sic Marco) !? Comme disent les néo-zélandais, le verre est à moitié plein, et l’autre moitié était délicieuse.
Néanmoins, nous arrêtons ce soir au bord de la Mercury Bay, et les plages d’ici ne craignent guère la concurrence avec leur panorama sublime.
Jeudi 15 décembre
Whitianga, île du nord, NZ.
89 km, total 1693 km
Quelle journée magnifique, je retire tout ce que j’ai dit hier! Du soleil, la température a atteint des sommets inconcevables pour nous jusqu’alors en NZ, 24 degrés, oui, vous avez bien lu, 24! Des routes superbes pleines de virages, un joli chemin côtier pour se retrouver à Cathedral Cove, une arche grandiose dans une crique superbe.
Puis Hot Water beach, une plage sous laquelle sommeillent des eaux bouillonnantes (souvenez-vous, nous sommes ici sur une faille) qui ne demandent qu’à remonter à la surface si on se donne la peine de creuser un peu dans le sable. Et voilà tous les badauds arpentant ce petit bout de plage avec leur seau et leur pelle, comme les petits enfants qu’ils sont redevenus, pour trouver la meilleure place. Nous n’avions pas de pelle dans nos sacoches, mais nous avons trouvé un spot génial, et Pilou s’en est donné à coeur joie pour faire des barrages qui régulent le flot d’eau chaude: un spa personnel sur mesure à chaleur réglable. Nous avons donc barboté quelque temps dans notre baignoire de sable.
La mer est toujours pleine de vagues mais manque encore de calories: je m’y suis trempée histoire de dire que je l’ai fait. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était héroïque, mais vu le nombre de personnes sur la plage qui se prélassaient dans l’eau chaude, et les rares héros dans la vraie mer, peut-être que si quand même.
Vendredi 16 décembre,
Péninsule de Coromandel
98 km, total 1791 km
Comme nous avons bien fait de remonter vers le nord en attendant que l’été se décide à envahir le sud! Deuxième journée de soleil, pas très chaud mais soleil, ciel bleu, et vent: c’est une constante dans ces îles.
Nous nous aventurons un peu plus loin dans cette péninsule splendide, paysage de montagne très vert, l’altitude n’est pas très importante mais comme nous sommes souvent près du niveau de la mer, les montagnes sont aussi impressionnantes que notre mont Guillaume (2542m). Que la nature est belle! La végétation est dense et luxuriante, les routes sinueuses à faire rêver tous les motards du monde, les plages sauvages et belles à couper le souffle, et tout ça presque pour nous tout seuls: c’est ça la Nouvelle-Zélande.
La petite ville de Coromandel où nous déjeunons illustre bien la douceur de vivre qui émane de ces paysages.
Samedi 17 décembre
Taupo, île du nord, NZ.
288 km total 2079 km
Nous repartons vers le sud: encore de belles montagnes, puis le centre plus plat et très agricole, élevage bien sûr, arbres fruitiers, céréales, cultures maraîchères, il semble que tout peut pousser ici avec ce climat. C’est l’époque des avocats, il y en a plein les arbres et nous ne nous en privons pas, un délice. Sans oublier les fraises et surtout les kiwis, nous en avons découvert une autre variété: jaunes, plus doux et même pas poilus.
Halte à Taupo pour une belle balade au bord du lac où Pilou s’est essayé au « hole in one »: inutile de dire que les plongeurs auront quelques balles à récupérer dans l’eau. Et toi, que fais-tu dans la vie? Je suis plongeur de balles de golf. Ah bon.






















