1 – Italie, avril 2024

Il y a quelques années déjà, notre fils Bertrand nous a très justement dit: « Vous êtes arrivés à un âge où il faut arrêter de faire des économies et réaliser vos bénéfices »

Alors réalisons! Et profitons aussi longtemps que possible. L’idée est cette fois de traverser à moto le nord de l’Italie, la Croatie et enfin le Montenegro, et retour, un itinéraire qui devrait bien nécessiter environ un mois et demi de vagabondage.

La météo est bien misérable depuis des jours et des jours, et nous avons eu du mal à trouver un créneau acceptable pour ne pas partir sous la pluie…

Bien sûr, il y a eu une grosse chute de neige à Montgenèvre un peu avant notre passage, ce qui ne facilite pas les choses à moto. Pilou, toujours très prévoyant, est donc allé faire sur 4 roues une reconnaissance de la route la veille du départ, et bingo! la route est praticable sur deux roues, donc nous partirons bien à la date prévue.

Mardi 2 avril 2024, Asti, 222 km

(Nous n’allions quand même pas partir, le 1er avril, tout le monde nous aurait ri au nez….)

Partis du Forest pour notre première étape à Asti, avec un passage obligé par le col de Montgenèvre, par une température flirtant sans aucun complexe avec le zéro, alors qu’un peu plus bas dans la vallée les bourgeons éclosent déjà et les oiseaux batifolent.

Mais même cela ne nous arrêtera pas: nous ne sommes pas des traîtres!

Et d’ailleurs, tout s’est bien passé au col, même pas froid ?

Belle route ensuite pour descendre dans la vallée du Po. Pas question bien sûr de s’approcher de la banlieue de Turin, mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut, même en suivant les indications de notre fidèle Tom Tom, et nous n’y avons pas échappé: n’en parlons plus, puisque nous avons retrouvé ensuite les délices de la campagne italienne.

Arrivée à Asti facile, le plus difficile a été de garer les motos correctement dans cette petite ruelle pleine de pavés et tellement pentue, et sans marche arrière comme vous le savez! En espérant qu’elles seront toujours debout demain matin…

Une petite balade pédestre en ville: la vie n’y est pas trépidante mais la place San Secondo était quand même vaguement animée, et la messe battait son plein en l’église de la place.

Quelques jolis bâtiments quand même, il y en a partout en Italie

 

Une pizza et hop, au lit!

Mercredi 3 avril, Mantoue, 238 km, total: 460 km

La plaine du Pô est très vaste, depuis les Alpes jusqu’à la mer Adriatique, quelque 650 km de région agricole parsemée de beaucoup de villes, villages, et d’énormes usines en pleine campagne.

Les entrées de ville rivalisent de laideur avec les nôtres: bâtiments industriels hideux, panneaux publicitaires agressifs, couleurs trop vives, énormes parkings, bref un désastre.

Et pourtant, il est rare de na pas trouver, même dans la plus petite ville italienne, une jolie bâtisse, une église au fronton délicat, un clocher original, une petite rue qui attire le regard, et même une affreuse tour de béton sur laquelle on a peint une si jolie Vénus qu’on en oubliait la laideur de son support: c’est peut-être cela l’élégance italienne…

Quant à la campagne, rien de bien intéressant: une platitude à perte de vue, des champs verdoyants, certes, parfois une belle demeure aux allures de palace au milieu de nulle part, mais tant et tant de monde sur ces petites routes, et tous les villages qu’elles traversent: nous sommes loin des paysages bucoliques de Toscane. Mais pour atteindre la Croatie, il faut bien traverser le nord de l’Italie.

Et comme dans tout voyage au long cours, il y a des galères, alors autant commencer tout de suite: aux environs de midi (l’heure a son importance) nous avons fait le plein….de gasoil!

Ça roule au gasoil une moto?

Non, non, et encore non. Un robinet aux couleurs trompeuses? Quoi qu’il en soit, le mal est fait, les deux réservoirs sont pleins à ras bord de gasoil…..

Quelle chance nous avons eue de tomber sur des gens adorables:le caissier, le premier surpris, qui  nous a prévenus et nous a évité de démarrer. Sinon, c’était la catastrophe assurée.

Puis le petit jeune du garage voisin, parlant suffisamment anglais pour comprendre notre problème et l’expliquer, qui nous a conduits en voiture au  seul garage moto du coin: bien sûr, il était fermé pour le déjeuner, Italie oblige, et n’ouvrait qu’à 14h30.

Ce qui nous a laissé le temps de visiter Castel San Giovanni de fond en combles. Et nous n’avons même pas trouvé le château…Mais tout de même quelques jolis bâtiments, une église bien sûr, un bon déjeuner très italien à la Tavola Amica.

 

Le mécano, une fois repus, a été d’une efficacité remarquable: on siphonne les réservoirs entièrement, on les remplit avec de la vraie essence, on teste pour voir si rien n’a été abimé, et tout va bien, nous repartons un peu avant 16h. Et il n’a même pas plu, malgré les menaces célestes.

Il faut malheureusement supprimer la halte prévue à Crémone pour ne pas arriver trop tard à Mantoue où nous passons la nuit. Mais quelle belle surprise, la ville est ravissante, et nous avons encore quelque temps pour la découvrir: des ruelles anciennes et piétonnes, des palais, des églises, des tours de toutes les formes, une animation juste comme il faut, et un très bon restaurant pour finir.

Les italiens de tout âge roulent beaucoup à vélo dans les villes, même dans le centre historique sur les pavés, il y a des pistes cyclables partout où cela est possible, et à priori ils ne pédalent pas comme des fous et respectent les piétons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *