5- Dans le bush

Alice Springs, Northern Territory

Mardi 25 octobre 2016

464 km, total 3644 km

Une ville au milieu du désert, en plein centre de l’Australie. On y trouve tout, c’est une vraie ville, cela faisait longtemps. Si mes amis d’Amérique voulaient s’installer à Alice Springs, ce que je ne leur conseillerais pas forcément, qu’ils soient rassurés: il y a Target, K-Mart, et toute la clique des Mc Do et KFC habituels. Vous pouvez même y arriver en Greyhound de Darwin ou Adélaïde. Mais on en a vite fait le tour, et notre hôtel de routards n’est pas aussi convivial qu’en Amérique Latine.

Des campers pour Christine:

Mercredi 26 octobre

Parc National West Mac Donnell , Northern Territory

310 km, total 3954 km

La route Namatjira suit la chaîne Mac Donnell qui regorge de petits endroits magiques baignés dans un merveilleux parfum d’eucalyptus, gorges somptueuses, parois abruptes, rivières encaissées, où l’on peut même se rafraîchir le temps d’un petit plongeon: pour amateurs d’eau fraîche uniquement.

 

Jeudi27 octobre

Three Ways Roadhouse, Warrangu, Northern Territory

526 km, total 4480 km

Le bush, encore le bush, il n’en finit pas, sur des centaines et des centaines de kilomètres tout autour de nous, c’est le bush, aride, rouge, chaud. Heureusement, c’est encore le printemps, on n’a pas dépassé 40 degrés. C’est un pays complètement fou, un désert humain, même le diable est passé par là, qui y a laissé ses billes. Et qui sait s’il n’y est pas encore?

Des buissons, des arbustes, des arbres aussi par moments, ce n’est pas vraiment désertique avec toute cette végétation, mais on n’y voit pas âme qui vive, un grand isolement. Pourtant, tout ce vert sur fond rouge, c’est sublime. Ça et là, des silhouettes d’arbres calcinés par le dernier incendie, et puis une inondation et tout redevient vert.

La route est interminable mais jamais monotone: des canyons, des collines, des escarpements, puis soudain une plaine à perte de vue, et le relief reprend ensuite, il faut vraiment traverser ce pays pour en prendre la dimension. La route est très bonne, avec de larges bas-côtés qui permettent de voir de loin les éventuels animaux errants promis par tous les panneaux routiers, mais on en voit très peu. Nous avançons bien.

Vendredi 28 octobre

Camooweal Roadhouse, Queensland

450 km, total 4930 km

Darwin n’est pas au programme: trop tropical pour espérer arriver sains de corps et d’esprit sous le casque par cette chaleur écrasante. Et puis trop de crocodiles, de serpents, d’araignées, trop de toutes ces sympathiques petites bêtes qui piquent, mordent, pincent, vrombissent à vos oreilles, je passe mon tour, cela m’évitera les cauchemars. J’ai déjà assez de Mad Max qui m’obsède depuis que j’ai posé un pied dans ce pays!

Nous piquons donc vers l’est à la première intersection, c’est à dire après quelques 500 km, vers le Pacifique et la Grande Barrière de Corail.

Barkly Homestead Roadhouse: un arrêt à ne pas manquer au milieu de ce désert:

Si vous regardez bien l’avant-dernière remorque, vous verrez Pilou devant sur sa moto: juste pour vous donner une meilleure idée de la taille réelle de ce road train.

Samedi 29 octobre

Julia Creek, Queensland

434 km, total 5564 km

Le paysage change souvent: soudain plus d’arbres, mais juste des broussailles et une herbe folle où paissent de rares vaches, on est loin de nos belles charolaises. Et puis la végétation revient.

Voilà 5000 km que l’on essaye de nous faire croire que les kangourous vont se jeter par dizaines sous les roues des motos, et nous n’en avons pas vu un seul. Je veux dire un vrai, grand comme au cinéma, bien vivant et  qui saute partout. Tous ceux que nous avons vus étaient inertes au bord de la route, victimes probables d’une téméraire et inconséquente escapade nocturne. Telle est la rude vie des kangourous dans le bush.

Nous commençons à croiser des routes bitumées, serait-ce le retour vers la civilisation? Pas si sûr. C’est Mount Isa qui approche, ville minière et industrielle, pas le meilleur lieu de villégiature. Et puis plus rien avant longtemps. Rien d’autre que ce soleil accablant sur ce plat pays.

Et c’est à Julia Creek que je rencontre mon premier vrai kangourou: Rosy a été retrouvée dans la poche de sa maman frappée par une voiture, élevée ici à Julia Creek et elle sera bientôt envoyée dans une ferme puis remise en liberté dans la nature. En attendant, elle a mangé dans la main de Pilou, eh oui!

 

Plus que 650 km pour la mer!

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5 réflexions sur « 5- Dans le bush »

  1. Bravo les motards! Des centaines de km chaque jour sur des routes toutes droites sous la canicule, si je comprends comme il faut, le meilleur est à l’étape, quand ça s’arrête ! Quel pays vous traversez ! Mais que vous allez vite ! Combien de temps à Alice Springs ? C’est juste un « petit » tour dans l’outback pour voir à quoi ça ressemble, et puis s’en vont s’hydrater dans l’Océan ? Prenez votre temps ! Dégustez ! Sirotez ! Racontez nous vos rencontres, vos pannes, les potins des bleds, vos angoisses et votre programme, nous voyageons grâce à vous par procuration, on veut tout savoir ! Vous avez trop de chances de pouvoir faire ce voyage, merci pour votre Blog !

  2. Pilou l’homme qui murmure à l’oreille des kangourous !

    J’en rêve, jamais vu de kangourou en vrai… merci pour ces beaux moments de partage.

  3. Génial… La taille des camions bien sûr, mais je connaissais sans y être allé…
    Mais surtout, des paysages superbes, surtout dès qu’il y a de l’eau : Alice Springs serait le Pays des Merveilles !?
    Pilou avait emporté des gants de boxe pour s’entrainer avec les kangourous ?
    Bises

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