Skagway, Alaska, 2310 km
Samedi 13 août 2011, Tok, 336 km.
Aujourd’hui, il va falloir revoir aussi nos standards de confort: weather.com ne s’était pas trompé, il pleut. Le plafond est bien bas, qui ne nous laisse aucun espoir.
Rester à Fairbanks? Non, c’est déjà vide et lugubre sous le soleil…
Alors nous partons sous la pluie. Mais ne comptez pas sur la photo, on a sa fierté quand même.
La route est belle, assez droite (on ne s’en plaindra pas aujourd’hui), le paysage est brumeux, on devine des montagnes, des lacs, des rivières au lit immense, des centaines de mètres parfois, couvert d’alluvions, on imagine la puissance du courant à la fonte des neiges.
Des sapins, des bouleaux, du vert partout, la nature à l’état sauvage ou presque, il y a si peu de présence humaine.
Une habitation de temps en temps, et encore. Mais surtout de l’eau.
Un moose ( orignal?) broute tranquillement au bord de la route, un autre la traversera un peu plus tard, juste devant les motos.
Finalement on n’est pas si seuls.
Il pleuvra presque toute la journée, avec de rares éclaircies, cela mérite bien une étape dans un endroit accueillant et chaleureux, par exemple à Tok, un adorable petit chalet en rondins avec de la pelouse sur le toit:
Dimanche 14 août, Burwash Landing, 346 km
Deuxième jour de pluie. Et dire que l’on pourrait être en Corse, à manger des oursins dans une petite crique, ou bien tout simplement au Forest, barbecue et rosé bien frais…..
Tout est vite compliqué à moto, surtout quand il pleut: vous voulez prendre une photo? il faut d’abord trouver le bon endroit pour s’arrêter et poser la béquille sans qu’elle s’enfonce, enlever les gants, enlever le casque sans faire tomber les lunettes, remettre une ou deux mèches en place pour essayer de ressembler à un être humain, ouvrir la sacoche de réservoir, sortir l’appareil photo, la pluie redouble bien sûr, sinon ce n’est pas drôle, et la photo sera ratée de toutes façons.
A part une petite ville frontière en arrivant au Canada, il n’y aura aucun village sur la route, personne n’habite dans ces régions hostiles du Yukon, c’est pourtant si beau. Un superbe renard roux traverse la route, puis un joli chat sauvage, c’est toute la vie que nous rencontrerons.
Ce soir, nous dormirons dans une chambre sommaire, après avoir mangé un « Salisbury steak » on ne peut moins gastronomique, au bord d’un lac sûrement magnifique mais couvert de brume. Autour de nous, quelques maisons à moitié délabrées tentent de nous faire croire qu’il y a de la vie ici, pas un seul magasin bien sûr, quelques camping-car échoués comme nous ici car il n’y a rien d’autre à cent miles (160 km) à la ronde, et pourtant nous sommes ravis d’avoir déniché cet hôtel de rêve, c’est vous dire l’état d’isolation de la route.
Je n’ai même pas demandé s’il y avait la wifi.
Lundi 15 août, Skagway, 374 km.
Pas de pluie ce matin quand nous quittons notre charmant hameau, et cela fait toute la différence. Partir sous la pluie, c’est psychologiquement plus difficile que de la rencontrer sur la route.
Le lac Kluane est magnifique, nous le longerons pendant longtemps, la route serpente entre les montagnes, puis nous suivons une rivière.
Un seul hameau sur cette route, dont le nom en dit long: Destruction Bay.
Un motel-station-service-bar-garage, plus l’inévitable camping-RV-park, et on a fait le tour. Mais la route est toujours sèche et superbe, une matinée délicieuse.
L’après-midi sera bien différent: pluie incessante, vent, tiens il y a de la neige sur le bord de la route: pas vraiment étonnant, l’ordinateur de bord (si, si, ça existe chez BMW) indique quatre degrés, la végétation est devenue complètement inexistante, les montagnes sont pelées, le paysage superbe de désolation.
Mais il fait froid, humide, et il n’y a rien, pas un café pour se réchauffer, même à la frontière Canada/US qui nous amène à nouveau en Alaska.
Nous arriverons tôt à Haines pour prendre un ferry pour Skagway, mais il ne part qu’à huit heures du soir. Il ne reste qu’à tuer le temps sous la pluie dans une ville morte: une seule solution, le resto!
Notre projet de voyage faisait, semble-t-il, rêver certains d’entre vous: peut-être faudrait-il relativiser?
Mais non, demain il fera beau, bien sûr.
Commentaires:
Je ne sais pas si vous vous souvenez de (nous) Forest V storm Bernard. et Frédérique …
Bonne route … Nous nous rentons de vacances en Espagne, et c’est sûr l’année prochaine nous, (comme il flotte à chaque sortie en moto) nous partons dans le sahel, nous donnerons dans l’humanitaire LOL
Have a good trip
From , on Aug 17, 2011 at 09:28PM

















