3 – De Tolu à Medellin

Medellin, Colombia,  726 km

 

Lundi 5 novembre 2012, 214 km

Hotel Meson del gitano, 25, Caucasia, Córdoba

Partis très tôt ce matin pour éviter la chaleur (il faisait déjà 26 degrés à 7h30), la route est beaucoup plus agréable qu’hier. C’est un jour férié, et il y a moins de circulation et surtout moins de camions. Ceux qui restent sont toujours aussi cinglés, bien sûr, ils doublent dès qu’ils peuvent, juste pour doubler: ligne jaune: connais pas, limitations de vitesse: c’est pour les peureux, et les stop pour les traîtres. Encore beaucoup de contrôles de police ou militaires, nous ne semblons pas les intéresser. En tout cas, ils ne contrôlent pas le respect du code de la route, je crois que c’est peine perdue. Les routes sont à péage, et pourtant cela ressemble plutôt à nos petites nationales à deux voies seulement qui tournicotent à la moindre dénivellation, on est très loin d’une autoroute. Mais les motos ne payent pas: nous avons droit à un étroit passage à droite, parfois même un peu étroit pour nous. Dans chaque village, si petit soit-il, des topes, ralentisseurs si hauts que l’on a intérêt à vraiment ralentir. Les gens du coin y vendent des fruits, des légumes et des friandises très sucrées, très courues ici, des boissons fraîches ou un cafecito: nous sommes en Colombie, le pays du café. Il y a un stop, mais bien sur personne ne s’arrête et les voitures en profitent pour doubler les camions. Nous finissons par en faire autant pour ne pas être une entrave à la circulation. De toutes façons, si je laisse une distance raisonnable entre Philippe (devant) et moi, on me double et on talonne Philippe. Une fois que l’on a intégré tout ça, on s’adapte, et je pense que nous avons trouve la zone de prudence.
Nous suivons le Rio Cauca, majestueuse rivière aux eaux boueuses, la végétation est tropicale, l’eau descend partout de la montagne, elle est captée à des fins diverses: lessive dans des lavoirs improvisés, lavage des camions, et même douche au bord de la route.
C’est fou ce qu’il y a comme eau dans ce pays.

La campagne est toujours très verte, beaucoup de pâturages, des vaches, des chevaux, des ânes, des cochons un peu partout, ça se promène, ça traverse parfois sans prévenir.

Nous nous arrêtons très tôt dans un charmant hôtel avec air conditionné et piscine, le luxe!

Manifestement nous sommes l’attraction, ils n’ont jamais vu de français ici et nous posent mille questions, pour finir tous à tour de rôle sur l’une de nos motos pour la photo souvenir. Mais ils sont si gentils.
Demain nous attaquons les montagnes vers Medellin.

Mardi 6 novembre, Medellin,  289 km

Casa Kiwi Hostel Medellin – Carrera 36 7 10, Medellin

 

Encore une fois partis de bonne heure, nous avons manifestement changé nos habitudes pour nous adapter à celles d’ici ( Martine et Raphael vont avoir du mal à le croire, mais c’est vrai, nous sommes debout à 6h du matin).
Nous traversons encore une région de pâturages et de fermes laitières, belle route, bon bitume, beaux virages, des vaches partout, puis arrivent les routes de montagne et là, tout change: route bosselée, défoncée, nids de poule dans les virages, la moyenne descend et nous comprenons pourquoi il faut cinq heures pour moins de trois cent kilomètres, mais la route est magnifique.

Arrivés à Medellin, nous prenons le métro pour découvrir la ville: extraordinaire, le métro de Medellin, très moderne, spacieux, propre, climatisé, même pas de joueur d’accordéon qui fait la manche, à faire pâlir d’envie les parisiens et les newyorkais.

L’idée était d’aller prendre la télécabine (comme les oeufs pour les skieurs) pour avoir une vue d’en haut, Medellin est à 1600m d’altitude. La ville est très grande, trois millions d’habitants. En arrivant près de la gare de départ, nous voyons les constructions sauvages qui s’accrochent à la montagne et commençons à avoir des doutes sur le bien-fondé de cette entreprise. Nous nous engageons néanmoins dans la queue, de plus en plus conscients de ne pas être à notre place, quand notre voisin, avec un très gentil sourire nous dit: solo popular. J’essaye de le faire parler pour confirmer ce que je pressens, mais il se borne à répéter la même chose. Nous décidons donc de faire demi-tour, et réaliserons plus tard que « popular » est le nom de la station intermédiaire desservant les favellas, la télécabine ne montant pas plus haut à cette heure de pointe: il faut toujours écouter ses premières impressions.
Pourtant, nous nous sentons parfaitement à l’aise ici, et jamais nous n’avons eu un quelconque sentiment d’insécurité.

Retour dans notre quartier très sympa, bars et restos autour d’un petit coin de verdure, le Parque LLeras, une bonne adresse pour notre Fifi.
Hôtel pour routards, en tout cas pour jeunes-sac-à-dos, ici encore nous dénotons. Mais avec notre tenue de motards, nous dénoterions encore plus dans un hôtel pour touristes normaux: toujours un peu à côté de la plaque, mais tant pis!

Diner cubain, pas mal, sans plus, mais ce n’est pas ici que nous donnerons dans la gastronomie.
La cuisine colombienne n’est vraiment pas variée, mais le pire est la musique: nous sommes retombés sur des amateurs d’accordéon, et ce n’est pas du Piazzola….

Mercredi 7 novembre

C’est au réveil que nous apprenons la victoire d’Obama, la journée s’annonce bien.
Aujourd’hui, direction centre ville, musées, places et parcs, rues commerçantes pour bains de foule: les trottoirs sont envahis de petits stands qui vendent tout ce qui peut se vendre, chacun vantant sa marchandise haut et fort, si possible avec un micro: la cacophonie est totale, et cela semble être le quotidien des passants qui remarquent à peine.

Les églises que nous visitons sont bondées à toute heure, les gens prient, se confessent, la ferveur est manifeste: on se demande vraiment pourquoi il n’y a jamais de pape colombien.

Nous terminons par le jardin botanique pour retrouver un peu de calme. Ce pays est vraiment bruyant.

Commentaires:

Super votre blog , on vous suit facilement . Quelle expedition ! Bonne route , bises

From francoise et Michel Bernon, on Nov 8, 2012 at 12:49PM

Amazing!! Medellin is a nice city..

From RAFAEL COLOMBIA, on Nov 8, 2012 at 12:54PM

Merci Sophie et Philippe de ces récits rigolos, spontanés et détaillés, c’est vraiment merveilleux de pouvoir vous suivre au jour le jour, j’ai l’impression de faire le voyage avec vous. Je fais suivre à Christophe, ça va l’aérer s’il arrive à trouver cinq minutes, il est un peu trop submergé ces temps-ci. Bises

From Adelaide, on Nov 8, 2012 at 01:31PM

bonjour a vous deux , votre blog est vraiment super, je suis content de voir chaque jour les photos et de suivre votre périple, voyage génial…
bonne continuation
cordialement

From paul centrimex france, on Nov 8, 2012 at 05:30PM

C’est chouette de voyager depuis le fond de son lit… Ici on refait surface, le dernier fait enfin ses nuits. Sa mère pas encore. Ca va venir. je pense bien à vous, les retraités dorés! bisous et plein de plaisir!

From Anne LE PAIGE, on Nov 8, 2012 at 09:09PM

Merci! Les statues de Botero me redonnent le moral…

From Brigitte, on Nov 19, 2012 at 10:06PM

 

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