18 – Une galère qui finit bien

La Oroya, Pérou, 5148 km

Lundi 10 décembre 2012, petit village de montagne, 292 km

Gran Hotel de la Cruz

La route de Huanuco? Vous tournez à la laguna Conocha et après c’est tout droit, facile! Sauf qu’à chaque intersection, le doute revient. Nous sommes en pays Quechua, il y a des maisons partout dans la montagne, les gens vivent dans des conditions difficiles, les chiens nous poursuivent quand nous passons, il y en a partout, les animaux sont libres et traversent la route sans arrêt, des chiens, des ânes, des vaches, des cochons, des brebis, nous en avons terrorisé plus d’un.

Lorsque nous demandons notre chemin, c’est toujours facile: il faut continuer tout droit. Aucun panneau, aucune indication, nous suivons naturellement la plus grande route, jusqu’au moment où elle s’arrête à l’entrée d’une mine, portail fermé. Et là, c’est la bérézina : il parait que nous avons raté une intersection il y a 35 km de cela, mais si nous retournons, nous tomberons en panne d’essence avant d’arriver à destination, surtout que les 35 km sont souvent beaucoup plus, c’est très approximatif. Alors nous pouvons continuer par cette « route » là tout droit, elle est en terre mais tout va bien, et dans 15 km nous serons à LLata et là, il y a de l’essence. Alors nous partons sur la piste défoncée, les nids de poule pleins d’eau car bien sur il se met à pleuvoir, c’est même de la grêle et, après 15 km, pas de LLata, nous demandons à des ouvriers qui travaillent sur le bord de la route, (heureusement ils sont là) LLata est 20 km plus loin, nous repartons pleins de courage (!) et arrivons à LLata 30 km plus loin. Il y avait l’heure colombienne, il y a maintenant la distance péruvienne. En fait, personne ne sait vraiment mais tout le monde a toujours un avis sur la distance ou le temps.

Pour aller à Huanuco, il faut 5 heures, le suivant nous en donne 8 et le troisième 4 seulement.
Et nous nous retrouvons pendant des heures sur des routes en terre impraticables, avec une pente vertigineuse et des virages en épingle les uns après les autres, très pentus, terrain glissant, cailloux, et un abîme terrible: très stressant.

Tout allait pourtant bien, jusqu’à ce qu’un taxi me talonne pour me doubler en sortie d’épingle, j’ai du mal négocier le virage et je suis tombée: oh! ce n’est pas la première fois, mais là c’était vraiment trop de stress et j’ai un peu craqué, perdu confiance, et la suite fut bien difficile. Encore très loin du but à l’approche de la nuit, nous avons fini, ouf! par trouver un hôtel dans un petit village très Quechua où il faisait froid et humide mais les motos étaient à l’abri et nous dans un lit à 8h du soir.

Dure journée, des bleus, des bosses, les gants trempés, de la terre partout, mais qu’est-ce qu’on est venus faire ici? On voulait de l’aventure, mais je crois qu’aujourd’hui nous avons eu notre compte de routes difficiles dans les Andes Péruviennes, c’était très beau mais ça suffit.

Mardi 11 décembre, La Oroya, 304 km

Forts de notre expérience d’hier, et préoccupés par l’embrayage de la moto de Philippe qui montrait des signes de faiblesse depuis plusieurs jours, et que les virages en épingle ne cessaient d’aggraver, nous décidons de changer nos plans et de partir directement sur Lima, que nous espérions pourtant éviter, pour rejoindre l’unique concessionnaire péruvien BMW Motorrad.
Toujours des paysages magnifiques, ne les oublions pas dans les moments difficiles, nous grimpons encore à des altitudes incroyables, autour de 4600 m, il fait froid, l’embrayage patine mais ça tient encore le coup, orage de grêle encore, cela semble être une habitude par ici, encore un gué j’ai la botte gauche pleine d’eau, pas de problème il fait 6 degrés et le moral est au plus haut. Ah! vous voulez de l’aventure? Et bien en voilà! alors ne nous plaignons pas ça ira mieux demain.

Le contexte n’est plus trop aux photos, mais lorsque nous nous arrêtons sous une éclaircie pour acheter des fruits, ces petits enfants sortant de l’école nous entourent avec curiosité:

Encore une fois, nous débusquons un hôtel très correct avant la nuit, il y a même la wi-fi, c’est Byzance. Et demain, le jour se lève, il ne reste que 175 km pour Lima.
Tomorrow is another day.

Commentaires:

vraiment désolée de ces soucis, chutes et autres désagréments, mais merci pour les paysages splendides, et le récit toujours aussi allegro, bisoux, haut les coeurs, on est avec vous.

From Adelaide, on Dec 12, 2012 at 02:59AM

Tout semblait si facile jusque la , je me doutais un peu que ce n’ etait toujours si évident mais la beaute des paysages et le sourire des locaux etaient votre recompense . Si la moto a des faiblesses c’ est plus embetant car il ne faut pas rester en panne à 4500 m , les nuits doivent etre froides . Je fais confiance à Philippe pour bricoler la moto jusqu’ au prochain garage. Aujourd’ hui 12/12/12 on pense bien à vous , bonne route

From Francoise, on Dec 12, 2012 at 02:00PM

Vous êtes vraiment les plus forts!!!!!!!!!!!!!!!!Quelle ténacité….Go les Reve go…go…On est avec vous…prudence quand même et des gros bisous d’encouragement!!

From Kikily, on Dec 12, 2012 at 05:46PM

La prochaine fois, vous choisirez le Club Med, non ?
C’est pour rire….

Bon courage et plein de bisous…

From Milence, on Dec 12, 2012 at 11:12PM

Besoin d’un specialiste en accidents? From Fawzi Bayan, on Jan 10, 2013 at 12:37AM

Et les enfants vont à l’école, mieux que dans le 9-3, Ils sont propres et sans doute studieux, mais auront-ils un travail à la sortie, un travail conforme à leurs réussite scolaire!!!

From francis, on Dec 13, 2012 at 02:06PM

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