Paracas, Pérou, 5588 km
Mercredi 12 décembre 2012, Lima, 179 km
Et nous qui pensions qu’en partant de 3745 m d’altitude, il n’y aurait plus que des descentes pour arriver à Lima qui, comme chacun le sait, est au bord de l’océan Pacifique. Et bien non! Il a fallu d’abord monter un petit col à 4847 m, plus haut que le Mont-Blanc, ce qui fut un plaisir de chaque instant pour Philippe et son embrayage récalcitrant.
Ai-je déjà parlé des « topes », ou dos-d’âne? Il y en a plusieurs à chaque traversée de village, tous les 50 m environ, et toujours un ou deux pour chaque « zona urbana », ou groupe de quelques maisons au bord de la route. C’est un enfer car ils sont très hauts, et donc très efficaces, les camions passent quasiment à l’arrêt et la circulation bouchonne à chaque fois, et Philippe enrage car on lui a fait perdre son élan…
Le paysage est superbe, mais on ne peut pas vraiment le regarder, il faut rester très concentré sur la route tant tout le monde s’énerve derrière les camions roulant au pas et cherche à doubler à tout prix. Pire que la Panam car le vide est grand. Je me suis retrouvée avec un énorme camion en face de moi sur ma voie, qui doublait sans aucune visibilité, la preuve: il ne m’avait pas vue. Je lui fais des appels de phare en freinant en catastrophe, il me répond des appels de phare aussi: c’est la loi du plus fort, et nous ne faisons pas le poids. Alors, il faut s’incliner.
Nous traversons une région minière très industrialisée, et les camions sont légion. Enfin la descente arrive, et le plus dur est passé. Nous arrivons à Lima et trouvons assez facilement BMW dans une circulation affolante où tout le monde klaxonne pour prévenir qu’il va faire un truc qu’il ne devrait pas faire.
Arrêt pour laver les motos de toute la boue accumulée ces jours derniers:
Le magasin BMW de Lima est très teuton: dans l’aspect, la présentation, le service, il n’a rien à envier à ceux de Washington ou de France que nous connaissons: wifi pour les clients qui attendent, café, j’ai même eu droit à un toast au brie, ici, au Pérou!
Et qui plus est, lorsque nous sommes arrivés en début d’après midi, un mécanicien était immédiatement disponible pour travailler sur la moto, aucun temps d’attente, et un personnel très dévoué,
A 5h30 tout est fini, juste à temps pour nous permettre de profiter de l’heure de pointe à Lima, et ce n’est pas triste: chacun pour soi, une circulation de fous, des conducteurs très agressifs, même les parisiens sont battus, et de loin. Nous nous en sortons par miracle en nous jurant bien de ne jamais recommencer un tel pari.
Un pisco sour bien mérité, des spaghettis et au lit.
Jeudi 13 décembre, Paracas, 260 km
Je n’avais pas gardé un très bon souvenir de Lima lors de notre passage il y a une dizaine d’années: une grande métropole latino-américaine envahie de brouillard, mais c’était l’hiver. Nous l’avons trouvée beaucoup plus souriante sous le soleil, très vivante, et très moderne: MacDonald’s, Starbuck Coffee, des banques les unes après les autres, Brad Pitt qui me fait un clin d’oeil derrière la vitrine en me proposant un flacon de 5 de Chanel, un supermarché immense et très bien achalandé à faire pâlir d’envie les mousquetaires de la distribution, des restaurants chics remplis de jeunes cadres dynamiques, une ville bien moderne. Mais bien sûr, nous étions dans un bon quartier.
Au sortir de la ville, c’est à nouveau le désert, grandes dunes de sable, un vent violent, pas de photos car nous sommes sur une magnifique autoroute où il est difficile de s’arrêter. Non que cela gène les autres, d’ailleurs. Des marchands ambulants s’installent sur la voie d’urgence pour vendre des fruits ou des boissons fraîches, des piétons et des mobylettes traversent en courant, un tricycle roulant au pas mobilise la voie de droite (il en reste 2) et il y a même une brouette à contre-sens!
Mais nous pouvons enfin rouler vite en toute sécurité, je crois que c’est la première fois en Amérique Latine. Même pas l’habituelle ribambelle de chiens errants pour courir après les motos quand nous traversons un village pour essayer de nous mordre les mollets.
Le désert est partout en bord de mer, pas un arbre, un vent violent, quelques cabanons bien alignés où l’on ne voit personne, des maisons écroulées, cela ressemble à des villages fantômes: sans doute les séquelles du séisme de 2007.
Cherchant un petit coin sympa pour préparer notre sandwich fromage/avocat/baguette, nous tombons à Cerro Azul sur une jolie plage avec des petits restos de fruits de mer: on remet donc le sandwich à demain, et c’est parti pour un délicieux ceviche sur le malecon.
C’est bien la première fois depuis le début de ce voyage que nous faisons péché de gourmandise, et je crois que nous allons recommencer demain: nous restons en bord de mer pour deux jours, avant de partir à Nazca.
Vendredi 14 décembre, Paracas
Dodo, relax, balade à vélo, hamac, soleil, plage et ceviche, on récidive volontiers.
Commentaires:
Passer de la moto au velo ca doit surprendre un peu . Ou comptez vous passer Noel ? Bonne continuation . Bises de Michel et Francoise qui vont aller à Rochambeau ce soir voir « Celimene et le Cardinal » on pensera à vous .From , on Dec 15, 2012 at 02:09PM























