Torres del Paine, Chile, 13030 km
Mardi 29 janvier 2013, Torres del Paine, 144 km
Arrivée au Parc National Torres del Paine par une belle route de « ripio », route de terre en espagnol, mais nous avons adopté cette appellation si facile entre nous, tant pis pour l’hispanisme, les littéraires de mes lecteurs me pardonneront j’espère.
Le vent souffle fort depuis Puerto Natales, le temps est incertain, ou plutôt il change sans cesse: un peu de pluie, mais les nuages vont si vite qu’elle s’arrête, reprend un peu plus tard, on ne sait jamais à quoi s’attendre mais l’on n’est jamais vraiment mouillé.
Le coupe-vent est de rigueur, et le bonnet toujours à portée de la main.
Nous nous installons dans un camping superbe et très confortable avec, climat oblige, un auvent pour la table afin de pouvoir allumer le réchaud à l’abri du vent, sinon c’est perdu d’avance; on pourrait même y installer la tente. Décidément les chiliens sont très forts sur les campings, comme sur beaucoup de choses d’ailleurs, très organisés, un peu sur le modèle américain, on n’est pas trop dépaysé. Le vent souffle très fort toute la nuit, mais la tente tient bon.
Mercredi 30 janvier, Torres del Paine
Un petit tour de catamaran pour rejoindre l’autre côté du lac Pehoe…
…où nous entamons une randonnée qui occupera toute notre journée pour aller voir de plus près le glacier Grey, très bleu comme son nom ne l’indique pas, et ses cinq kilomètres de large sur vingt-sept de long, des réserves de glaçons pour longtemps encore.
Diner très sympa avec Nico, jeune photographe suisse venu ici à moto pour faire des photos bien sûr, et elles sont superbes. Il parcourt le monde depuis des années à la recherche des plus belles vues, il y a pire comme occupation.
Jeudi 31 janvier, Torres del Paine
Au réveil, du vent, encore du vent, c’est le pays du vent. Au moins la tente sèche vite quand elle est mouillée.
Tente pliée, tout rangé dans les motos, nous prenons la route, enfin nous attaquons le ripio.
Un premier coup de vent un peu fort, on s’accroche, un deuxième, on tient encore le coup, et puis des rafales très fortes et là, c’est la débandade: tout le monde par terre.

Pas de panique, on se relève, on relève les motos, on attend que ça se calme un peu, et puis, hop! par terre encore, tous les deux, à cinquante mètres de la première fois. A ce train là, on ne va pas avancer bien vite….
Cette fois-ci, nous attendons longtemps l’accalmie puis décidons de ne pas continuer: renseignements pris, la journée sera vraiment terriblement venteuse, alors nous retournons replanter la tente au même endroit, et ça souffle beaucoup, beaucoup.
Ce vent est fatigant et soûlant.
Et moi qui disais que la pluie ne durait pas longtemps…
Il a plu tout l’après-midi, une pluie lourde et continuelle, éclaboussant tout avec le vent qui l’entraîne dans tous les sens. Il fait froid et humide, bien sûr.
Je pense à ceux qui marchent sous la pluie, partis pour une randonnée de plusieurs jours dans le parc, et monteront ce soir leur tente humide au milieu de nulle part, alors relativisons. Finalement nous décidons de déplacer la tente pour la mettre sous l’auvent, une idée un peu tardive mais qui s’avèrera géniale.
Belle éclaircie en soirée, feu de bois pour cuire nos filets de saumon, une petite soupe, et au lit.
La pluie toute la nuit, nous sommes bien à l’abri et dormons, insouciants que nous sommes!
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