El Chalten, Argentina, 13432 km
Vendredi 1er février 2013, El Calafate, 408 km
Départ sous la pluie, mais sans vent, on arrive même à sortir du parc sans mettre les motos par terre malgré un ripio très mouillé et des flaques partout, tout va bien.
Depuis que nous avons installé à l’arrière un nouveau pneu spécial ripio, nous contrôlons beaucoup mieux. Bien sûr, ce serait mieux si la roue avant avait la même faveur, mais un pneu de rechange c’est déjà bien encombrant, deux c’est carrément le déménagement.
Le soleil perce un peu, frontière Chili-Argentine pour se diriger vers El Calafate.
Le paysage a complètement changé, nous avons quitté les montagnes pour les steppes, végétation rase et jaune, pas beaucoup d’eau par ici. Le côté Pacifique est très humide, le côté atlantique trop sec.
Tout va bien jusqu’à Esperanza, le vent souffle fort mais nous tenons le cap.
Nous aurions pu nous arrêter à Esperanza, c’eût été une très bonne idée même, il y avait un hôtel, mais comment savoir à l’avance ce qui allait nous arriver??
Dès que nous sortons du village, le vent devient très violent. Impossible de faire demi-tour ni même de s’arrêter: si nous ralentissons, c’est la force du vent qui l’emporte, il faut une certaine vitesse pour le contrecarrer (une histoire de vecteurs, rappelez-vous ) et c’est parti pour 150 km sans pouvoir ralentir, sinon c’est la chute assurée, et à cette allure cela peut faire très mal.
Les rafales nous font dévier sur la route de gauche à droite, le bas-côté s’approche dangereusement, tant qu’il est à la même hauteur on a un peu peur, mais s’il y a un fossé, alors c’est paniquant.
Et les camions qui arrivent en face nous déstabilisent complètement avec le souffle de leur passage. La moto est complètement penchée pour essayer de s’opposer à la force du vent, j’ai l’impression que l’on essaye de m’arracher mon casque, c’est le vent qui tire, c’est l’enfer.
Très dangereux, mais plus moyen d’y échapper, il faut attendre que le vent se calme, ce qui arrivera après une centaine de kilomètres éprouvants, physiquement et nerveusement. Cela semble peut-être aberrant, mais la force du vent est inouïe. Quelle peur!
Nous arrivons à El Calafate, posons les motos et décidons de faire les excursions en autocar les deux jours suivants. Si l’on m’avait proposé à ce moment d’échanger ma belle moto contre une vieille deux-chevaux déglinguée, j’aurais peut-être hésité.
En tout cas cela nous fait réfléchir à la suite du voyage. Un brésilien à moto nous explique que le vent lui a fait faire des chutes à répétition, il semblait hagard, on nous raconte que deux cars de tourisme ont été projetés à terre par une rafale, comment pourrions nous résister à une telle force?
Les 40 èmes rugissants dépassent vraiment les bornes!
Il va falloir trouver un site météo sérieux qui nous donnera des renseignements sur le vent. En attendant, allons nous remettre de ces émotions avec un cordero patagonico et une petite bouteille de Malbec bien mérités.

Samedi 2 février, El Calafate
Départ vers le Parque Las Glaciares pour découvrir le fabuleux glacier Perito Moreno.
Il fait un petit peu frisquet ce matin, cela ira mieux plus tard, c’est l’été!
D’ailleurs, le climat ici n’est pas aussi rigoureux qu’on pourrait le penser: en hiver, il y a de la neige bien sûr, mais la température tombe rarement au dessous de moins cinq et, non, les gens d’ici ne vivent pas comme des pingouins pendant l’hiver.
Nous sommes beaucoup plus loin du pôle sud que Montréal ou Ottawa du pôle nord.
Le glacier se renouvelle sans cesse avec les chutes de neige annuelles, et avance de deux mètres par jour dans le lac Argentino. Mais le lac est étroit à cet endroit et le glacier vient buter sur la montagne en face, bloquant le passage de l’eau. Le niveau monte alors (jusqu’à 30 mètres parfois!) et la pression augmente sur la glace, l’eau commence à creuser par en dessous, puis de plus en plus haut, créant une gigantesque arche de glace qui finit par s’écrouler dans un bruit fracassant qui s’entend encore à vingt kilomètres de là paraît-il, spectacle grandiose guetté sans relâche et qui se reproduit tous les deux ou trois ans, la dernière fois était en 2012 au milieu de la nuit, personne n’en a profité ou presque.
Nous avons vu pas mal de blocs de glace tomber, mais des petits, et cela fait déjà beaucoup de bruit.
Un système de passerelles métalliques nous permet de circuler facilement en face du mur de glace de soixante mètres de hauteur, c’est un spectacle éblouissant.
Pour en savoir plus: http://en.wikipedia.org/wiki/Perito_Mor eno_Glacier
Dimanche 3 février, El Chalten
Départ pour El Chalten, où nous passerons la nuit dans ce petit village au bout de la route, offrant un autre accès au parc et point de départ des randonnées: un village de marcheurs.
Plein soleil et toujours beaucoup de vent. Le gros autocar se dandine sur la route au gré des rafales, je n’ose imaginer ce que cela donnerait à moto.
Très jolie randonnée vers le Fitz Roy, impressionnante montagne qui a séduit plus d’un alpiniste.
En prime, le très joli lac Capri. Et puis nous rentrons puisque c’est fini.
Lundi 4 février
Superbe randonnée à la Laguna Torre aujourd’hui, sous le soleil et peu de vent.
Ce parc est vraiment magnifique, les chemins très bien entretenus et indiqués, et les paysages grandioses, le lac devant les aiguilles de granit et le glacier, quel spectacle pour pique-niquer!
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