Arequipa, Peru, 6381 km
Vous ne verrez pas de photos du célèbre Machu Pichu car nous n’irons pas, enfin pas cette fois: nous avons déjà fait ce voyage il y a quelques années, quatre jours de marche en montagne par les chemins de l’Inca, c’était magnifique mais une fois suffit.
Samedi 15 décembre 2012, Nazca, 216 km
De retour sur la Panam, le paysage est à nouveau désertique, mais avec des oasis au début: on y cultive le raisin pour le Pisco, l’alcool péruvien par excellence, et les fruits: des vergers partout, à grand renfort d’irrigation j’imagine, on vend des pastèques partout: j’avoue que la culture des pastèques, si gorgées d’eau, dans un climat aussi désertique ne me semble pas le meilleur choix, mais il y a peut-être des paramètres que j’ignore. Et ce n’est pas la première fois que la logique de l’ Amérique Latine m’échappe, différences culturelles sans doute.
Et puis c’est le désert, le vrai. Du sable et de la roche, des montagnes pelées, des dunes de sable, des cailloux, du beige du blanc du gris, rien ne pousse, pas même les cactus, la route est droite, très droite, le vent est violent, il y a des petites tornades partout. J’ai déjà vu beaucoup de choses traverser la route dans ce pays, mais je n’avais encore jamais vu traverser des tornades!
On ne s’arrête même pas pour prendre des photos, à 35 degrés, on a besoin du vent pour se rafraîchir un peu.
Un tout petit peu d’ombre dans ce village au nom faussement évocateur, Rio Grande: pas une goutte d’eau dans le lit de la rivière, juste des cailloux. Le Parque Central est plombé de soleil, nous sommes les seuls sur la place à déjeuner sous un arbre.
Heureusement, il reste peu de route pour Nazca, et demain petit tour en avion pour aller voir les fameuses lignes.
Dimanche 16 décembre, Atico, 255 km
Aérodrome de Nazca, 7h30 du matin sur le tarmac pour embarquer avec nos deux pilotes. Avant, il n’y en avait qu’un, mais depuis que le brave homme a crashé son avion pour cause de crise cardiaque au dessus du désert, ils ont jugé plus prudent d’en mettre deux, et nous nous en félicitons. Le ciel est bleu, pas de vent, les meilleures conditions sont réunies, tout s’annonce pour le mieux.
Mais voilà, pour voir les lignes, il faut s’en approcher, et donc tourner dans un sens, puis dans l’autre pour que les passagers des deux côtés en profitent. Nous n’avons pas le pied marin, c’est bien connu, mais nous savons maintenant qu’il n’est pas aérien non plus, et après le singe et le pélican, nous n’avons plus très bien suivi les explications du pilote qui nous montrait les différents symboles difficiles à reconnaître au milieu de marques de toutes sortes.
Nous arrivons quand même à voir la Panam qui traverse le désert, et c’est plutôt impressionnant. Une expérience qui ne nous laissera pas un merveilleux souvenir, pourtant les deux anglais qui nous accompagnaient semblaient ravis.
Nous repartons après une petite sieste réparatrice, et c’est à nouveau le désert, superbement inhospitalier, la route est droite aussi loin que se porte la vue, on s’endormirait presque sans les montagnes russes à chaque passage de dunes, le paysage est fantastique.
Pause déjeuner dans le seul village en bordure de route, perdu dans tout ce sable et ces pierres.
La route rejoint à nouveau la côte, la conduite est fatigante avec le vent, le bruit du vent, et la concentration nécessaire sur ces routes difficiles, nous avons hâte d’arriver.
La plage est immense mais peu attrayante, les vagues énormes, l’eau froide, difficile de se baigner, et dangereux paraît-il. Personne ne le fait d’ailleurs.
Philippe aura quand même son coucher de soleil:
Nous dinons en compagnie d’un Suisse installé au Pérou pour y travailler dans les mines canadiennes. Là, nous rencontrons un Américain d’Alaska voyageant comme nous à moto qui, en nous voyant, raconte qu’il a bavardé au village précédent avec un Français qui nous a vu passer un peu plus tôt sur deux motos comme la sienne avec des plaques françaises. Et le Suisse de s’écrier: ah oui, c’est Daniel, c’est le seul Français ici, il travaille à la mine.
Le monde est bien petit, ou alors nous sommes espionnés!
Lundi 17 décembre, Camana, 140 km
Premier objectif: trouver quelqu’un capable de nous bricoler un couvercle pour une sacoche métallique pour remplacer celui que nous avons oublié au déjeuner, ou perdu quelque part sur la route, probablement mal refermé.
Rien à Atico, nous partons à la ville suivante, Calama.
La route longe l’océan à flanc de montagne, ou à flanc de dune, un petit muret retient le sable au dessus, cela semble bien fragile, on ne s’éternisera pas. Le vide est par moments vertigineux, l’océan est bien bas au dessous, la route est superbe et étourdissante.
Beaucoup d’accidents dans ces régions, même dans les lignes droites comme en témoignent les nombreuses croix sur le bord de la route.
Je m’arrête pour les prendre en photo.
Et devinez comment je retrouve Philippe un peu plus loin?
Il est en train de papoter sur le bord de la route avec la seule Hollandaise du monde et des alentours qui traverse au même moment que nous le même désert que nous, mais à vélo et toute seule!
Arrivés à Calama, nous confions notre sacoche à Lazaros qui va nous faire un couvercle pour demain. En attendant, balade sur la plage, mais pour dîner, c’est plus difficile: tout est fermé à 7h du soir, la saison commence dans quelques jours seulement et tous les hôtels et restaurants font leur nettoyage annuel pour se préparer à l’arrivée prochaine des touristes qui, paraît-il, vont affluer pour les fêtes.
Mardi 18 décembre
L’équipe Lazaros a fait du bon travail, et nous voilà repartis avec une sacoche entière, un peu plus rustique certes, mais qui ferme bien.
Au Pérou, le chic du chic est de couvrir sa maison de carrelage, pour montrer son standing: voici quelques exemples pour vous donner des idées.
Route vers Arequipa où nous retrouverons demain Justine qui vient faire un peu de route avec nous pendant les vacances de Noël: les chiens ne font pas des chats!
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