7 – Le café

Buga, Colombia, 1310 km

Lundi 12 novembre 2012, 132 km

Après « Tout sur la truite » et  » La vie secrète des colibris », et puisque nous sommes manifestement dans une période d’apprentissage tous azimuts, nous nous lançons aujourd’hui dans:
 » Comment pousse le cafe? ».
Visite d’une finca, très intéressante, où nous avons tout appris ou presque, ce que je réserve aux véritables amateurs, à la fin de cette page, afin de ne pas barber les autres.

Apres visite et dégustation, et sur les conseils de la responsable de la plantation, nous empruntons une route non bitumée qui nous fait gagner beaucoup de kilomètres: le ciel est un peu gris, nous espérons passer au travers de l’averse quasi quotidienne dans ces régions de montagne, et bien non: elle nous surprend sur une route de terre qui devient vite une patinoire.
Si vous avez déjà essayé de vous abriter sous un palmier, vous savez que ce n’est pas l’idéal mais, en l’absence de mieux, c’est ce que nous avons fait.

Les averses sont vives mais ne durent jamais longtemps, nous rejoignons la grande route et quittons les montagnes.
C’est une région superbe, la route est bordée de lauriers roses ou autres fleurs locales, tout est propre et bien léché, beaucoup de splendides maisons avec de beaux jardins, hôtels avec piscine, etc…

Bien sur, le thermomètre commence  à grimper vertigineusement. Heureusement, alors que nous dépassons les fatidiques trente degrés, nous attaquons la « autopista del cafe », une superbe autoroute, une vraie cette fois, jusqu’a la ville coloniale de Buga où la Basilica del Señor de los Milagros (Basilique du Seigneur des Miracles) attire manifestement beaucoup de pèlerins.

Plus facile ici d’acheter un crucifix que de trouver un bon restaurant, mais en parcourant les rues, on finit par trouver.

Pas facile non plus de rentrer les motos dans l’hôtel, mais Pilou est toujours ingénieux.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le café

La finca que nous avons visitée a 12 hectares de champs de café. Pour chaque hectare, et par respect de l’écosystème, il faut planter 70 arbres de 12 espèces différentes.
La plantation doit se trouver entre 1200 et 1900m d’altitude.
Si l’on plante un grain de café, il forme une pousse en une douzaine de jours, puis le plant est mis dans un sac plastique plein de terre pour former un arbuste en 2 mois, il est alors replanté en pleine terre où il commencera  à fournir 18 mois plus tard.

L’arbuste produit beaucoup pendant cinq ans, puis il se fatigue. On le coupe alors  à 30cm, il repoussera et c’est reparti pour cinq ans encore. On peut faire cette opération une deuxième fois, ensuite il faudra l’arracher et en planter un neuf.
Les plants utilisés ici ont été croisés avec un plant indonésien pour les rendre résistants au champignon qui les tue.

On doit récolter les grains quand ils sont rouge foncé pour assurer une excellente qualité.
Sur un même arbre, il peut y avoir en même temps des fleurs, des grains verts et des grains rouges arrivés  à maturité: il faut donc les récolter  à la main pour n’avoir que les bons. C’est  à ce prix que la Colombie produit le meilleur café du monde ( sic)
Les ouvriers sont payés au poids récolté.
Les grains sont alors débarrassés de leur peau  à l’aide d’une machine qui enlève aussi la couche humide qui l’entoure alors..

Les grains sont alors séchés. Lorsqu’il y en a beaucoup on les fait sécher sur une grille  à l’aide d’un feu, sinon sous une serre.

Puis les grains sont triés afin d’éliminer toute imperfection, et ils sont vendus ainsi, chaque pays acheteur assurant sa propre torréfaction  à son goût.

La Colombie, elle, utilise ces grains rejetés pour sa consommation personnelle dans un mélange comportant 70% de grains imparfaits: les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés!

Si l’on veut torréfier soi-même, c’est possible, mais il faut prendre son temps et ne pas cesser de mélanger pour ne pas brûler les grains.

Torréfaction maison: 2h pour 500g.

Le cafe est alors moulu, puis ici on le met traditionnellement dans un filtre sur lequel on verse tout doucement de l’eau frémissante en mouvements circulaires.

Le résultat est excellent, la Colombie produisant du café « suave ».

Que rico!

La Colombie est paraît-il le 4ème producteur mondial de café après, dans l’ordre, le Brésil, le Vietnam et l’Indonésie.
J’ai cherché  à vérifier cette information, mais je n’ai trouvé qu’une confirmation partielle, si vous trouvez mieux, faites le savoir!

Commentaires:

et vous arrivez à dormir? todo encaféinés? merci, je me régale, faudra apprendre à Christophe à faire le café 🙂

From Adelaide, on Nov 13, 2012 at 01:21PM

http://www.tresor.economie.gouv.fr/5592_le-cafe-premier-produit-agricole-dexportation-des-pays-damerique-centrale
Sources : Organisation Internationale du Café (OIC)
Bises a Sophie
pour Phillipe Salut .
Mireille Marc

From marc meystre, on Nov 14, 2012 at 11:15AM

J’en veux!!!!!!!

From thibaut, on Nov 16, 2012 at 03:24AM

Il y a beaucoup de pays qui produisent le meilleur café du monde… je connais La Jamaïque, le Kenya etc… et le Nespressoland, bien sûr
Une histoire à (ne pas) dormir debout….
Bisous de Ko Lanta où il fait bien chaud aussi et où les plongées sont belles !

From Milence, on Nov 16, 2012 at 04:50PM

Je suis sûre, Sophie, que tu as sacrifié le resto pour t’acheter plein de crucifix. Tu es vraiment incorrigible!

From Brigitte, on Nov 19, 2012 at 10:20PM

Super cette visite !
La Côte d’Ivoire a été longtemps le 3ème producteur mondial de café et le 1er de Cacao…
Pour ce dernier elle a conservé son titre, pour le café, l’effondrement de la production s’est accéléré entre 2004 et 2007:
Elle se retrouve à la 14ème place, devancée entre autres par le Pérou, le Costa Rica, le Nicaragua, l’Ouganda et depuis longtemps par la Colombie. ! Par contre, elle reste 3ème producteur de Robusta.

From François, on Nov 30, 2012 at 03:20AM

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