Uyuni, Bolivia, 7889 km
Mercredi 26 décembre 2012, Oruro, 350 km
Le ciel est bien sombre sur le lac Titicaca, six petits degrés, plafond bas, nuages épais, il ne pleut pas mais l’humidité est palpable, le soleil risque d’avoir du mal à percer ce matin. Un temps à retourner au lit et remonter la couette pour oublier les vicissitudes du jour à venir.
Mais voilà, il faut avancer si nous voulons arriver au Salar d’Uyuni, et la route est longue. Nous partons donc bien couverts pour affronter les intempéries potentielles.
Une route très bolivienne jusqu’au bac, très bolivien lui aussi, remarquez bien le plancher du « bateau », ils arrivent même à transporter des autobus là-dessus….
Puis c’est la douce surprise du jour: à la sortie du bac, une route toute neuve toute belle toute lisse (un vrai billard) et un beau rayon de soleil. Le paysage est grandiose, le soleil de la montagne fière luit, et nous profitons encore quelques temps du lac sacré.
C’était notre pain blanc.
La Paz, la plus haute capitale du monde, 4000 m environ, et passage obligé pour nous, a beau avoir des prétentions au palmarès des capitales latino-américaines les plus dures à traverser, elle ne remportera pas la palme, et nous lui échappons plus vite que prévu mais sous la pluie.
Nous n’oublierons pas de sitôt la suite de cette interminable journée: des camions dans tous les sens, des travaux commencés et jamais finis, de la boue partout, une route défoncée et pleine d’ornières, des stations-services sans essence, le thermomètre qui descend, les camions qui nous aspergent copieusement d’eau boueuse, les bottes de Justine qui ne sont manifestement pas imperméables, etc
Si un jour le Club Med propose une excursion au salar d’Uyuni, ce sera peut-être une option à considérer.
Nous rentrons dégoulinants et boueux dans ce restaurant providentiel au bord de la route, mais quel fou rire quand nous emballons les pieds gelés de Justine avec des chaussettes bien sèches et des sacs plastique! Une méthode qui faisait déjà ses preuves lors de nos premiers voyages à moto, dans les années 70.
Pour Justine qui n’avait guère dépassé la vallée de l’Ubaye à moto, cela ressemble plutôt à un voyage initiatique.
Etape du soir à Oruro, il faut bien dormir quelque part, mais je vous déconseille vivement le Palace hôtel.
Jeudi 27 décembre, Potosi, 308 km
Première étape ce matin: la station service. Mais il n’y a pas d’essence, juste du gaz ou du diesel. Nous apprenons incidemment qu’il n’y en aura pas plus sur la route, il faut retourner en ville et faire la queue un temps fou. L’essence a deux prix ici, un pour les boliviens et un pour les étrangers, du simple au triple. A partir de maintenant, nous faisons le plein à chaque ville traversée.
Départ sous le soleil, mais toute la journée nous ferons la course avec les nuages: des orages à gauche et à droite, des éclairs terrifiants, mais nous aurons juste droit à une petite ondée, histoire de pouvoir savourer le moment où elle s’arrête.
Le paysage est superbe, des montagnes pelées, souvent très rouges, cela ressemblerait presque au Grand Canyon.
Peu de photos pourtant, nous faisons toujours la course avec les nuages noirs, et nous allons même la gagner.
Ce qui nous frappe néanmoins le long de cette route et depuis notre entrée en Bolivie, ce sont les mendiants partout: les enfants tendent leur chapeau ou leur main systématiquement quand nous passons, au péage ils s’accrochent aux voitures pour demander de l’argent, j’ai l’impression que personne ne leur donne mais ils continuent quand même, nous n’avions jamais vu cette insistance auparavant.
Arrivée à Potosi, une des villes les plus hautes du monde, 4090 m. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre », je commence à comprendre!
La ville est charmante, elle a du caractère, ce dont nous n’avions plus l’habitude.
Vendredi 28 décembre, Uyuni, 199 km
Superbe route et soleil ce matin. Peu de circulation, et sans la menace céleste d’hier, nous roulons l’esprit tranquille. Nous rencontrons surtout des lamas, beaucoup de lamas. Ces charmantes bêtes ne pensent qu’à brouter au bord de la route, sauf bien sûr quand nous arrivons où elles se découvrent des velléités à traverser sous notre nez, juste pour aller constater que l’herbe n’est pas plus verte de l’autre côté. Un petit coup de klaxon et elles détalent si gracieusement.
Des petits village d’adobe, qui ont l’air à moitié abandonnés.
C’est un paysage de far west, sans un seul arbre, sauf une petite vallée verdoyante au milieu de tout ce rouge.
La route est en très bon état, avec juste ce qu’il faut de virages pour s’amuser. Elle a été asphaltée récemment, mais c’est un scoop: même Google Maps n’est pas au courant qui nous donnait 6 heures de route quand 3 nous ont suffi, sans forcer.
Demain nous partons pour 3 jours visiter le salar, plus d’internet.
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