Trujillo, Pérou, 4181 km
Mardi 4 décembre 2012, Pimentel, 270 km
La route que nous empruntons ce matin ne fait manifestement pas partie des circuits touristiques: à la sortie de la ville, les bas côtés sont jonchés de sacs poubelle explosés où les vautours se régalent.
Nous passons quelques gués, puis la route devient beaucoup plus agréable et roulante. Toujours des ribambelles de chèvres qui attendent notre passage pour se décider à traverser, et même des volatiles en goguette, mais on ne se laisse pas prendre.
Nous avons quitté les montagnes et le paysage est beaucoup plus sec, l’herbe est jaune et il reste encore quelques arbres maigrichons qui n’ont pas été coupés par la population locale.
Aucune culture bien sûr, un peu de riz mais pas même des arbres fruitiers, les villages que nous traversons semblent bien démunis.
Prêts à ressortir une autre boîte de thon, nous trouvons un restaurant au milieu de nulle part, où nous sommes très bien accueillis avec le fameux menu du jour, riz et poulet, plutôt mieux que d’habitude: ces pays sont surprenants et pleins de ressources inattendues.
La route continue entre deux chaînes de montagnes, mais ça ne ressemble pas vraiment à une vallée, c’est encore bien désertique, les cours d’eau sont toujours à sec et les chèvres croquent tout ce qu’elles peuvent.
Nous approchons enfin de la côte pacifique où nous faisons étape à Pimentel, petit village de pêcheurs près de Chiclayo. C’est le retour de la pêche, dans de gros bateaux de bois colorés, ou dans ces petites embarcations traditionnelles en jonc à une place maniées avec une surprenante dextérité dans les vagues.
Les restaurants du bord de mer regorgent de poisson et fruits de mer, et nous nous en faisons toute une joie, mais c’est sans compter les différences culturelles qui vont se nicher jusque dans la cuisine, et le résultat, toujours frit, n’est pas à la hauteur de nos attentes: la gastronomie n’étant pas une des priorités de ce voyage, n’en parlons plus.
La bonne nouvelle, c’est que Pilou a pu prendre quelques couchers de soleil sur le Pacifique ce soir, profitons-en, demain nous repartons vers les montagnes.
Mercredi 5 décembre, Baños del Inca, 293 km
Cette fois, nous connaissons tout sur la culture Mochica et le Señor de Sipan, après la visite du magnifique musée des tombes royales de Sipan reconstituant la civilisation pré-inca de ces bâtisseurs de pyramides depuis le troisième siècle, avec un guide parlant un très bon français qui nous vante les mérites de l’alliance française.
Photos interdites, et c’est bien dommage car ce musée est vraiment tout ce qu’il y avait de bien par ici. La ville de Chiclayo est laide, les villages que nous traversons sont laids, sales, sombres, tristes, les rues sentent mauvais, on a vraiment envie de partir au plus vite, ce que nous faisons.
Comment peut-on vivre ainsi, sans aucun souci d’améliorer son cadre de vie? Comment rester assis sur le pas de sa porte à discuter, avec des ordures et des sacs plastique usagés qui traînent à côté? Et pourtant, c’est souvent le cas ici, comme en Colombie sur la côte.
Curieusement, à la sortie de la ville, nous nous retrouvons dans le désert, le vrai, sable, quelques dunes, un vent fort, aucune végétation, juste des sacs poubelles et des immondices traînant partout, c’est affligeant.
Inutile de chercher un restaurant: une boîte de thon et deux bananes feront l’affaire.
A nouveau dans les montagnes, en route pour Cajamarca, nous passons un col à 3000m d’altitude et 10 degrés, retour des eucalyptus et des beaux paysages andins.
Etape à Baños del Inca, sources d’eau chaude et charmant bungalow près des thermes, avec des bassins d’eau à 70 degrés Celsius qui se vaporise dans l’air ambiant.
Cette marchande qui presse ses oranges à la demande commence à 61/2 h du matin et finit à 7h1/2 du soir, toujours avec le sourire, et quand elle ne presse pas, elle tricote.
Au menu du dîner: poulet et frites!
Jeudi 6 décembre, Trujillo, 348 km
Hotel San Martin – San Martin 749, Trujillo
Une petite route de montagne très bucolique pour commencer cette journée, souvent bordée d’eucalyptus, avec des virages au moins aussi serrés que le café colombien.
Pique-nique avec les vaches et les moutons.
Nous savions notre ami Serge célèbre au Canada pour son flamenco improvisé, mais nous savons maintenant que sa popularité est arrivée jusqu’au Pérou:
On monte un col, on redescend, un autre col, on redescend, et cela durera longtemps ainsi.
Les villages de montagne sont quand même plus propres et avenants que ceux d’en bas. La route est bonne, mais incertaine et sans aucune indication, et lorsque nous demandons notre chemin, l’on nous déconseille vivement de continuer dans cette direction car la route est très mauvaise: nous choisissons donc la sécurité et repartons sur la grande route vers Trujillo, plus longue mais plus rapide parait-il.
Sauf que cette route est en travaux et nous vaut une cinquantaine de kilomètres de piste de terre, caillouteuse à souhait. On y contrôle mieux la moto debout sur les repose-pieds (centre de gravité plus bas), mais cinquante kilomètres ainsi, c’est long et éprouvant, de la poussière partout, des camions qui roulent vite, des virages en épingle pas faciles à gérer, nous arrivons près de la côte à la nuit tombée, nous qui nous étions promis de ne jamais rouler de nuit.
Les eucalyptus ont laissé la place aux champs de cane à sucre.
Laredo, une petite ville avant Trujillo, est proche. La police est omniprésente au carrefour, nous leur demandons où trouver un hôtel, la réponse est catégorique: n’allez pas à Laredo, c’est dangereux, il faut aller à Trujillo, c’est moins risqué. La nuit est tombée. Les chauffeurs de taxi étant incapables de nous renseigner sur les hôtels, nous cherchons en maraudant et tombons par hasard sur un hôtel très moyen mais qui a le mérite d’exister et d’avoir un garage. On nous demande si c’est pour toute la nuit: oui, bien sûr. Mais dans notre chambre, toute rose et bleue, le miroir au plafond nous interpelle, vous pensez à quelque chose de précis?
Nous avons un lit, c’est l’essentiel.
Commentaires:










































