Tambo Grande, Pérou, 3270 km
Dimanche 2 décembre 2012, Loja, 208 km
Route superbe au départ de Cuenca vers le sud, les camions sont partis vers la côte pour éviter les montagnes et nous avons quasiment pour nous cette route pleine de virages qui serpente dans les montagnes toujours plus belles, agrémentée du parfum des eucalyptus: un bonheur!
Toujours des panneaux:
des pro-gouvernement: « ce gouvernement fait cinq fois plus de prêts que les 3 gouvernements précédents »
pro-hygiène: « l’eau c’est la vie ne la contaminons pas »
pro-nature: « les arbres assainissent l’air, ne les coupons pas »
sécurité: « perd une minute de ta vie plutôt que de perdre la vie en une minute »
pro-environnement: « la nature est précieuse: ne jetez pas vos poubelles n’importe où »
pro-civisme: « la route est à vous, gardez-la propre »
pro-education, pro-patrie, etc..
Pique nique en pleine nature sous un beau ciel bleu ( j’avais même pense à la salade), la route grimpe un col (Brrrrrrrr, il fait frais malgré un beau soleil) puis redescend dans la vallée et remonte à nouveau. Le climat est divin et les paysages sublimes, on ne s’en lasse pas.
Le reste de la journée est moins glorieux, nous nous sommes vraiment ratés sur le choix de l’étape: Loja, que l’on disait belle, nous a bien déçus. Personnellement, je l’ai trouvée quasiment glauque malgré quelques jolis bâtiments coloniaux, et surtout vide et morne.
La grande animation de la journée fut la victoire de Barcelona, une équipe de foot de la région, au championnat d’Equateur, et la foule était en liesse, chantant, criant et klaxonnant.
Impossible ensuite de trouver un restaurant, tout est fermé, et nous échouons dans un fast food local à manger un hamburgesa: les frites sont meilleures que chez McDo, mais toujours pas de légumes en vue.
Au lit à 8h30, rien d’autre à faire ici.
Demain c’est lundi peut-être la ville aura-t-elle meilleur aspect avec ses boutiques ouvertes et du monde dans les rues. Départ aux aurores, il y a une frontière a passer.
Lundi 3 novembre, Tambo Grande, Pérou, 308 km
Il y a des jours où tout va bien, et d’autres qui commencent mal: après une bonne demi-heure passée à chercher mes lunettes ce matin, j’abandonne, et cette disparition restera un mystère. Décidément, Loja ne me réussit pas.
Dans ce petit village, on fait griller le cochon partout: tradition locale ou fête du jour?
La route est toujours superbe et en excellent état, dans les montagnes toujours aussi belles je m’arrête car vous allez vous lasser de ma prose sur les montagnes. Il y a bien quelques travaux de réfection de la route qui nous ralentissent, mais rien de grave.
Petit détour par le sanctuaire du Cisne, construit sur le lieu d’une lointaine apparition de la Vierge, où les pèlerins viennent à pied ( 20 km quand même) pour rendre grâce.
Arrêt pique-nique: l’avocat et la papaye sensés faire l’essentiel de notre déjeuner n’ont pas résisté aux quelques 20 km de route caillouteuse qui en ont fait de la bouillie: il faut toujours avoir une boîte de thon en réserve.
La montagne change un peu et devient moins verte, plus sèche, plus pelée, l’altitude est probablement élevée mais personne ne sait jamais quand je demande, le vent souffle, puis nous redescendons.
Poste de contrôle militaire dans un village, pour la première fois nous sommes arrêtés et priés de montrer nos passeports: il y a surtout beaucoup de questions curieuses sur notre voyage, les motos, leur prix, etc…
Frontière Equateur-Pérou, c’est le processus habituel: il faut d’abord passer à l’immigration pour sortir d’Equateur, tampon obligatoire, puis même chose à la douane pour les motos. Entrée au Pérou: immigration en premier lieu, puis police qui tamponnera les papiers, puis achat de l’assurance pour les motos, et enfin douane pour l’importation temporaire des motos: peu de monde à cette frontière, tout devrait aller très vite.
Oui, mais le responsable de l’immigration est parti déjeuner en laissant un petit mot sur la porte: retour dans 15 minutes. Ceux qui l’attendent déjà depuis plus d’une demi-heure nous confient que cela peu durer un temps indéterminé vu qu’il n’y a pas de contrôle…
Le déjeuner a du être copieux, notre charmant petit bonhomme s’est fait attendre un bon moment.
Quand nous quittons la frontière, tous papiers en règle, il est trop tard pour arriver à l’étape prévue il faut revoir le programme et, quand je parle de s’arrêter à Sullana, on me le déconseille vivement, trop dangereux, il y a des vilains là-bas qui vont tout nous voler. Le jugement semblant unanime, nous nous décidons pour Tambo Grande, une petite ville sur notre route où, bien sûr, nous trouverons à nous loger.
Pas mal les routes péruviennes, en très bon état jusque là, on pourrait rouler vite, mais attention!
Apres avoir évité un cochon qui se promène, deux ânes en vadrouille, une demi-douzaine de chiens errants, et un nombre incalculable de chèvres qui traversent tranquillement, toujours de gauche à droite allez savoir pourquoi, nous décidons qu’un petit 80 km/h sera raisonnable pour pouvoir éviter l’abattage systématique du bétail péruvien.
Nous arrivons à Tambo la grande peu avant six heures du soir, heure de pointe où voitures et motos à trois roues se disputent le terrain: une rue principale bitumée (enfin, presque…) et des rues annexes en terre, du monde partout qui klaxonne, se faufile, sort de partout; notre passage fait sensation, tout le monde nous regarde, ils n’ont jamais vu de grosse moto et peut-être même jamais de touristes.
Je demande un hôtel une fois, deux fois, on me l’indique mais jamais je ne le trouve en suivant les explications, enfin ce que j’en ai compris, ce n’est pas bien clair.
La nuit commence à tomber, et l’idée de se retrouver dans un hôtel lugubre dans ce village du bout du monde commence à nous tourmenter: on se calme, on écoute son coeur et surtout pas de défaitisme.
Je demande une fois de plus et là, un homme sur une petite pétrolette me propose de me conduire au meilleur hôtel de la ville: soyons fous! Nous le suivons, autant que faire se peut dans cette circulation chaotique, et nous arrivons dans un petit paradis de verdure avec restaurant, bungalows avec air conditionné, pelouse et palmiers, inespéré en un tel lieu: c’est la que s’arrêtent les exportateurs de mangues qui viennent faire des affaires dans la région, et sans qui cet hôtel n’existerait pas. Demain, j’achète des mangues, promis!

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