UTMB 2022

Vendredi 26 août 2022, Chamonix-Mont-Blanc

Le glacier des Bossons depuis notre fenêtre

6h du soir à Chamonix, c’est le départ de l’UTMB, l’ultra-trail du Mont Blanc: 171 km de sentiers de montagne avec 10 000m de dénivelé -oui, vous avez bien lu, 10 km, c’est comme monter plus de deux fois en haut du Mont Blanc depuis le niveau de la mer- c’est l’évènement mythique de l’année pour les trailers du monde entier.

Et, vous l’avez compris,  nous sommes là pour soutenir notre fils Thibaut qui est prêt pour le départ, avec environ 2500 autres coureurs.

Voila à quoi cela ressemble: un truc de fous, non?

Profil de la course, plutôt inquiétant…..

 

L’heure marquée au dessous est l’heure butoir à chaque contrôle: si vous arrivez après, vous êtes disqualifié…

 

La veille, on visite le parc des exposants, le commerce marche à fond, on parle toutes les langues ici, il y des coureurs et des vendeurs du monde entier:

Les préparatifs vont bon train et la tension est perceptible à la veille du grand départ…

 

Le jour J, l’ambiance est électrique sur la place Triangle de l’amitié de Chamonix où coureurs et supporters sont agglutinés pour former une foule immense, très motivée et bien sûr bruyante, sur une musique très entraînante, les athlètes méritent bien ça!

C’est le départ: sauf si vous faites partie de l’élite, inutile d’espérer courir tout de suite, il faut marcher tant que la foule des coureurs ne s’est pas un peu dispersée.

Et vite, après avoir encouragé notre coureur préféré, nous filons en voiture jusqu’au prochain endroit où l’on peut espérer l’apercevoir, c’est à dire Saint Gervais.

L’ambiance est au top, et nous dînons en terrasse près du passage des coureurs, encouragés par une foule enthousiaste.
Très tôt, nous voyons passer les favoris:

Longtemps après, bien sûr, mais à une heure tout à fait honorable, Thibaut arrive, les enfants se précipitent dans ses bras, un câlin encourageant et tout le monde repart. Il reste à peine 150 km…..

Nous arrivons aux Contamines où le règlement autorise l’un d’entre nous à assister notre coureur: réconfort, tee-shirt sec, quelques calories pour tenir toute la nuit. C’est l’effervescence dans la tente des coureurs.

On ne dirait pas qu’il vient de courir 31 km dans la montagne….

Il est 22h28 et il repart pour une longue nuit de course à la lampe frontale, quelque 50 km de sentiers dans le noir, nous le retrouverons demain matin à Courmayeur en Italie où nous arrivons vers 6h30 pour être sûrs de ne pas le rater.

Et, puisque nous sommes en avance, autant dormir un peu dans la voiture:

Le temps d’admirer les Grandes Jorasses…

…et le voilà, tout sourire!

Le ravitaillement de Courmayeur est très animé:

Il repart, il a l’air en pleine forme!

Et il faut vite repartir….

Les enfants l’accompagnent au départ de cette nouvelle étape qui le mènera en Suisse où nous le retrouverons après plus de 45 km à Champex-Lac, jolie station touristique du Valais.

Nous en profitons pour faire un peu de tourisme à Aoste

Théâtre romain

Cryptoportique

Et passons le Grand Saint Bernard pour arriver en Suisse.

Arrivés à Orsières, il faut laisser la voiture, trop de monde sur ces petites routes sinon, et prendre le bus de l’UTMB qui nous amène, après de vertigineux virages en épingle à cheveux, à Champex-Lac. La montée a du être dure pour les coureurs…

Un tee-shirt propre et sec pour attaquer la nuit, une micro-sieste d’au moins 3 minutes pendant que les podologues réparent de vilaines ampoules, une portion de lasagnes et quelques verres de grenadine, on repart à nouveau.

La nuit approche, mais nous avons rendez-vous à Trient pour un nouveau ravitaillement assisté.

Nous y arrivons rapidement, une petite sieste blottis dans la voiture, aussi confortable que la classe économique en avion, c’est tout dire.

Trient est un tout petit village de montagne avec une jolie église rose qui accueille l’UTMB avec beaucoup d’enthousiasme et de convivialité: musique, raclette et verre de vin à la demande, une ambiance propre à remonter le moral des plus fatigués. Il est 10h du soir et tout le monde s’active en musique.

Les enfants ont même eu le droit de rentrer dans la tente des coureurs

Vers minuit, dernière halte à Vallorcine avant l’arrivée, où Thibaut nous fait une pause express: le cheval commence à sentir l’écurie.

Pourtant, il reste encore 17 ou 18 km, et pas les moindres: il faut grimper à la Tête aux vents,  un nom bien prometteur…

Nous repartons vers Chamonix et, depuis la route, nous observons une guirlande lumineuse de coureurs qui grimpent à flanc de montagne dans la nuit noire: quel spectacle!

Après la longue descente de la Flégère, c’est l’arrivée sous l’arche de Chamonix. La foule n’est pas immense à 4h53 du matin, mais le fan club est là pour ovationner son idole: le voilà, il l’a fait, et quelle performance!: un peu moins de 35h de course, et il tient toujours debout. Bravo Thibaut!

Thibaut et son fan club, la bière de la victoire!

Le lendemain, les jambes sont un peu raides, sans plus, et nous allons tous applaudir les derniers coureurs qui arrivent vers 4h de l’après midi: terminer cette course est déjà un tel exploit, et l’émotion est intense chez ceux qui finissent juste à temps pour être qualifiés.

 

Thibaut avec Liam, son coach, qui était là pour le conseiller et l’encourager. Ne ratez pas les super tongs de récupération……

 

Chamonix en liesse

Un délicieux restaurant indien le soir pour fêter ça

Et l’on quittera Chamonix demain matin

Je retiendrai de cette belle expérience que la volonté et la détermination humaine donnent une force extraordinaire et démesurée: j’ai vu des coureurs arriver aux étapes en pleine forme, j’en ai vu arriver épuisés mais continuer quand même avec la volonté d’aller au bout et de réussir, j’en ai vu dans un état d’épuisement extrême, tellement frustrés d’être obligés d’abandonner mais incapables physiquement de continuer, s’écroulant sur place…

Tous ceux là ont une force personnelle incroyable et un mental de grand sportif. Quel exploit ils ont fait, tous, et quel bel exemple de persévérance ils ont donné à tous les spectateurs ébahis devant tant de ténacité.

Bravo Thibaut, et merci de nous avoir donné l’occasion de vivre ça.

 

Retour à la maison par les grands col alpins: Télégraphe, Galibier et Lautaret: un paysage bien minéral

Et quand nous arrivons à la maison, Thibaut, Becky, Juliette et Nicolas sont déjà dans l’avion pour le Canada, la rentrée scolaire approche.

 

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