6 – Nizwa et le désert de Wahiba

vendredi 7 décembre 2018

Nous arrivons justement le grand jour du souq des chèvres (oui, ici on écrit souq et non souk)

Les vendeurs indiquent le prix de départ à un commis qui va faire monter les enchères en exhibant la chèvre aux éventuels acheteurs sur une petite place autour de laquelle il tourne. Après un tour complet, si le prix obtenu convient au vendeur, le marché est conclu. Sinon, on refait un tour pour essayer d’obtenir mieux.

 

Vous imaginez le stress de ces pauvres chèvres trainées là, affolées par le monde, les cris, le bruit de la foule, tiraillées par la corde, c’est un peu la panique et ça bêle à qui mieux mieux.

Cela restera pour nous un morceau d’anthologie, très authentique malgré la présence de nombreux touristes.

Puis c’est le souq des dattes, où l’on vend des dizaines de sortes de dattes différentes, plus ou moins sèches et donc plus ou moins sucrées, en sirop, en halwa, bref, la datte sous toutes ses formes. On regarde, on goûte, on choisit, et l’affaire est faite.

Pour faire la pâte de sésame

 

Ce sera ensuite le souq des volailles

Puis celui des légumes

qui viennent parfois de loin….

Le souq des bijoux, celui des poteries, puis des épices, des armes, etc….

 

Après quelques emplettes, cap sur le fort et le château de Nizwa.

La forteresse, construite aux alentours  de 1700, a été très bien restaurée. La lumière est belle et c’est magnifique.

 

 

Dès l’entrée, nous avons droit à une parade militaire plutôt sympathique:

 

 

 

Les architectes qui ont construit le fort ont déployé des trésors d’ingéniosité pour la rendre imprenable:

Les canons perchés en haut des murailles  extérieures assurent la première protection, puis viennent les meurtrières dans les murs pour lancer des flèches sur les assaillants, puis une porte monumentale en cèdre surmontée d’une trappe par laquelle on peut verser du sirop de datte bouillant sur ceux qui tenteraient de l’ouvrir. Et si tout cela n’était pas encore suffisant et que l’on franchissait la porte, on tomberait dans une grande fosse que la pénombre ne permettait pas de soupçonner. Les éventuels miraculés de la fosse se heurteraient alors à une grande herse  toute piquante, derrière laquelle les couloirs d’accès à l’intérieur sont un véritable labyrinthe qui empêchent un assaut digne de ce nom. Ajoutons à cela que les garde-manger sont pleins à craquer, et pas seulement de dattes, et les 8 puits ne peuvent être contaminés de l’extérieur.

Alors les Attila, Gengis Khan et autres  Hannibal, n’essayez même pas, vous allez vous faire du mal pour rien.

Les enfants y étudient

les femmes y travaillent

Et les touristes se réjouissent de tout ce spectacle

 

Mais j’oubliais, nous sommes vendredi et il est presque midi; c’est la ruée vers la mosquée pour la prière de ce jour très spécial. Des dizaines de paires de sandales jonchent les rues alentour et tous les commerçants ont fermé boutique et les rues sont subitement vides, impressionnant.

Mais comment donc font nos 3 accompagnateurs musulmans pour accomplir leurs devoirs religieux? Vie professionnelle oblige, ils sont autorisés à ne faire que 3 prières par jour au lieu des 5 prévues. Et ils trouvent toujours un moment pour s’exécuter, le tapis de prière n’est jamais bien loin et il y a toujours un bidon d’eau dans les parages pour se purifier avant.

Nous avons d’ailleurs eu droit à une démonstration du rituel de purification que je n’ai pas cru bon de vous détailler ici.

Sans aller jusqu’à parler de ferveur religieuse, il faut bien dire que la religion fait partie intégrante de leur vie, au même titre que manger ou respirer. Ils la vivent pleinement, intensément, sans rien remettre en question.

Même dans la chambre d’hôtel, on ne peut se tromper, la bonne direction est indiquée au plafond.

Aujourd’hui, déjeuner omanais traditionnel, c’est à dire assis par terre ou sur des coussins dans une salle privée, et de préférence en mangeant avec les doigts, mais là on nous a laissé le choix. Excellent repas, riz parfumé, un incontournable du repas, agneau et poulet rôtis délicieusement épicés, salades variées et bien sûr du hummus. Et le dessert? Des dattes, pardi! Avec le café.

Puis c’est le départ vers le désert où nous arrivons juste à temps pour une petite marche dans les dunes au coucher du soleil.

A l’heure où j’écris, les tentes sont montées, le pastis est servi aux amateurs et les deux Soulaiman ont improvisé un barbecue dans le sable pour y faire cuire le poisson sur les braises. Ils sont très forts pour nous faire des dîners élaborés dans des conditions plutôt minimalistes.

 

C’est le dernier bivouac de ce voyage, la température est délicieuse et la soirée s’annonce bien douce.

 

 

.

Une réflexion sur « 6 – Nizwa et le désert de Wahiba »

Répondre à philippe cote-colisson Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *