6-Quelques pensées en quittant l’Outback

Charters Towers, Queensland

Dimanche 30 octobre 2016

503 km, total 5953 km

C’en est fini, ou presque, de l’Outback, dernière traversée des endroits perdus,  avec arrêt pique-nique au village de Prairie dont vous apprécierez ces quelques photos pour juger de l’animation et de la dynamique du lieu.

Mais peut-être regretterons nous, sinon cette canicule de l’intérieur du pays, du moins la tranquillité des lieux, en arrivant dans les villes touristiques de la côte. Affaire à suivre.

Nous avons été vite, certes. Avec cette chaleur écrasante, difficile de se promener dans la journée. Nous avons fait quelques petites randos le matin, elles sont déconseillées l’après midi, un saut dans la piscine quand il y en a une, et puis?

En dehors des parcs nationaux, il n’y a pas grand chose à visiter, l’on vient ici plutôt pour s’imprégner de l’ambiance de ces régions immenses, isolées, désertes, où la vie est tout autre.

Nous partons donc tôt le matin vers 7h (ceux qui connaissent nos horaires de retraités vont avoir du mal à le croire, mais si, c’est vrai) et nous roulons le plus  possible pour nous arrêter en tout début d’après midi.

Nous traversons parfois des villages, comme Tenant Creek: une terrible impression de vide. Quelques « boutiques » où l’on vend de l’alcool et de la junk food, des gens désœuvrés qui traînent, deux motels lugubres tenus par des chinois, une vie au ralenti mais qui ne ressemble pas à la quiétude, c’est triste, voire glauque, on n’a pas envie de s’éterniser.

Il y a eu Mount Isa, ville minière et industrielle, où je suis rentrée faire quelques courses dans un supermarché: j’ai trouvé un centre commercial réfrigéré, avec ses boutiques de vêtements, de coiffure, de colifichets, de produits manufacturés de toutes sortes, un lieu de rendez-vous pour ceux qui peuvent en profiter, quand les plus démunis, et il y en a, errent dehors dans la chaleur accablante. Beaucoup d’aborigènes qui ne semblent pas tous à l’aise dans cette ville construite par les blancs et pour les blancs. Certains ont pu s’adapter, d’autres ont plus de mal: reste l’alcool pour oublier les misères de la vie. Ainsi va le monde, et c’est bien triste.

Côté rencontres, beaucoup de jeunes en visa « working holidays « , ayant vécu des expériences très différentes, certaines pas terribles mais la plupart vraiment positives, des jeunes prêts à travailler dur pour vivre des choses enrichissantes, un certain nombre ne reviendront pas en France où ils ne trouvaient pas de travail.

Et puis nous discutons un peu avec tout le monde: deux motards français en vadrouille en Australie, ce n’est pas fréquent et les gens viennent facilement nous parler, ils sont curieux de notre aventure, contents de nous parler de leur vie, nous servons parfois d’exutoire à leur solitude, mais ils sont si gentils.

Ils nous interrogent aussi sur la France, nous demandent si le démantèlement de la jungle de Calais, ça s’est vraiment passé comme ils l’ont vu à la télévision, tout ça les dépasse, ils ne comprennent pas et l’on sent que les problèmes d’immigration leur font peur: ceux là ne sont pas près de venir y passer des vacances.

Quant aux kangourous, je me demande si ce n’est pas une légende, ou alors ils sont tous morts écrasés. Mais pourquoi ne viennent-ils jamais au bord de la route quand nous passons? Sont-ils par dizaines en embuscade derrière les buissons? Une légende, je vous dis.

 

 

 

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3 réflexions sur « 6-Quelques pensées en quittant l’Outback »

  1. Comprends pas où sont passés les kangourous !
    Quand j’ai fait le Birdsville trek en 1981, y’en avait partout !
    Leurs copains américains, racoons et alligators, ont dû leur parler des Revenaz. Quelle sale réputation !!!

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