9- Chez les nomades, les vrais.

Lundi 14 août – 104 km, total 1085 km

Tout commence par une charmante petite piste dans la forêt, pleine de creux et de bosses, de racines et de cailloux, tout ce qu’il faut pour se mettre en forme dès le matin.

Morgan n’est jamais à court de petites surprises qu’il nous distille petit à petit, au fur et à mesure de ses envies et, je pense, de nos réactions: il surveille nos progrès de riders (prononcer rail-deurs, svp, comme outre-Atlantique), les encourage, et se réjouit manifestement de nous voir prendre du  plaisir à rouler ici.

Puis nous roulons dans la steppe, il y a des pistes partout, dans tous les sens, elles se croisent et s’entrecroisent, on passe de l’une à l’autre, on nage dans la poussière, on monte et on descend, on passe un gué, un deuxième, on est tout mouillés mais ça ne fait rien il fait beau et l’on s’amuse comme des petits fous.

A midi, surprise! On s’arrête dans un campement de nomades au hasard, et on leur demande l’hospitalité pour déjeuner: 18 personnes, dont 14 étrangers blancs, tous inconnus, qui débarquent chez vous pour y manger leur pique-nique, quoi de plus naturel?

On leur ouvre grand la porte de la  yourte, on pousse tout ce qui gène pour qu’ils puissent s’asseoir, on leur offre l’arak et le fromage maison, et tout ça avec le sourire, comme si c’était parfaitement normal. Et ça l’est.

On ne lésine pas avec l’hospitalité en Mongolie.

Essayez d’imaginer la tête d’un paysan des Hautes-Alpes ou du Larzac si une quinzaine de motards étrangers au faciès inhabituel débarquaient chez lui avec leurs bottes poussiéreuses pour pique-niquer dans son salon? Mieux vaut ne pas y penser….

En prime, nous avons même eu droit à une démonstration de fabrication du fromage:

Côté couture, rien à redire non plus, ces femmes là savent tout faire pour faire tourner la maison toutes seules:

Quelques rencontres intéressantes:

En fin d’après-midi, nous arrivons dans un camp nomade où là, nous sommes attendus: le gouvernement octroie des yourtes aux nomades pour encourager le tourisme rural.

Nous nous installons donc, c’est plus rustique que d’habitude, mais tellement plus authentique. Côté salle de bains, on donnera plutôt dans la lingette, et le matelas, du haut de ses trois centimètres d’épaisseur, n’est pas près de faire concurrence aux multispires ou autres tempur, même suédois.

Qu’importe, l’ambiance est au top, et les enfants sont ravis d’avoir de la visite.

Puis nous apprenons à préparer le buuz, sorte de beignet fourré d’une farce à la viande ( de mouton, pardi!) et aux oignons: pas mal du tout.

Nous dinons dehors, au milieu de la prairie, les animaux sont tout autour de nous. Notre hôte, Benijin (c’est phonétique, on est bien d’accord, et SGDG) est un éleveur réputé, il a 1500 bêtes dont 100 chevaux, 200 yacks et le reste en moutons et chèvres.

Soirée en famille ( il y a 5 garçons, ce qui a valu à la maman une reconnaissance spéciale, elle a même eu droit à une écharpe qui l’atteste) à parler de nos vies, de leur pays et leur métier qu’ils aiment tant.

Et nous nous endormons en profitant,  par la fenêtre de toit de la yourte, d’un ciel pur criblé de milliers d’étoiles où la voie lactée scintille.

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