Fin février, comme chaque année, les marseillais envahissent nos pistes enneigées -très enneigées même, cette année- alors nous fuyons: en Egypte cette fois.
Le voyage consiste à remonter le Nil sur un tout petit bateau, un sandal, ancien bateau de transport aménagé pour le tourisme: pas un cinq étoiles, mais quelle tranquillité! Arrêts ponctuels pour visiter ces sites antiques incontournables, pour une petite balade dans la campagne au bord du Nil, pour découvrir des villages authentiques, pour une baignade rafraîchissante dans le fleuve-roi, puis nous retrouvons notre paisible sandal pour de nouvelles aventures au fil de l’eau: déjeuner sur le pont, un bon bouquin et, qui sait? peut-être même une petite sieste réparatrice après tant d’activités sous un soleil brûlant.
Le décor est posé, rien à voir avec le Costa Concordia.

Sur les rives du Nil, la végétation est verdoyante grâce à un étonnant système d’irrigation très sophistiqué puis, dès le premier relief, c’est le désert, aride, caillouteux, sableux, un vrai désert où rien ne pousse.
Quel contraste entre les champs de blé, de luzerne, de canne à sucre, ou les palmeraies, et cette étendue de sable blond qui n’en finit pas à l’horizon.
Sur le sandal, cinq passagers pour 5 membres d’équipage, tous plus gentils les uns que les autres, c’est dire si nous sommes choyés, chouchoutés, dorlotés, bichonnés. Baba Ganoush et falafels sont incomparables et le riz-parfumé-poulet-mariné-grillé ne ressemble en rien à celui que je connaissais. Quant aux jus de fruits frais maison, ce sont de vraies gâteries.

La première nuit, nous nous sentons un peu enfermés dans notre cabine un peu spartiate, le problème est vite résolu: le lendemain soir, nous attrapons couette et oreillers pour aller nous installer sur le pont où nous dormons au grand air avec l’équipage, sur de confortables matelas et sous une débauche d’étoiles scintillantes, de vraies nuits orientales. Une escapade nocturne qui deviendra notre rituel du soir.
Tout commence par la vallée des rois et celle des nobles, avec ses tombeaux creusés dans la montagnes, pleins de hiéroglyphes et de gravures: tous les Ramsès, les Thoutmôsis et autres Horemheb sont là -ça fait beaucoup de pharaons!- depuis parfois 1500 ans avant Jesus-Christ, dans leurs galeries souterraines bien décorées avec des dieux et des déesses partout. Les tombeaux des nobles sont plus modestes et là, pas question d’y graver des dieux, c’est réservé aux pharaons. On se contente de scènes de la vie quotidienne.
Puis le temple d’Edfou, dédié à Horus le grand, le dieu faucon (assez récent puisqu’il fût construit par Ptolémée III et ses successeurs entre les ans-237 et -57) monumental et l’un des mieux conservés.
Dans l’Egypte antique, la vie sur terre était juste un passage sans importance, la vie après la mort étant la seule qui compte et le vrai but. Il fallait donc la préparer le mieux possible et les offrandes aux dieux étaient primordiales dans ce domaine.
Quelques incursions pédestres dans les terres où nous croisons beaucoup d’ânes durs à la tâche:
Des villages bien calmes sous le soleil:
Un peu de navigation tranquille:
Là, nous avons pris au passage une felouque immobilisée par le manque de vent. Nous, nous avons notre propre remorqueur, heureusement…
Puis les carrières du Djebel Silsila où l’on découpait les blocs de pierre pour construire tous ces monuments grandioses et, à l’occasion, on creusait un ou deux tombeaux:
Puis le soleil se couche sur le Nil, un peu brumeux:
Le lendemain, quelques jolies balades dans les villages, les marchés locaux, des palmiers, un peu de navigation au fil de l’eau, des enfants qui méditent au bord de l’eau, une petite pause narguilé et le soleil qui finit par se coucher avec toujours plus d’élégance:
Et voici Kom Ombo, temple majestueux au bord du fleuve, pour honorer les dieux Sobek (dieu crocodile) et Haroreïs (dieu épervier), ce temple-ci est plutôt récent puisque sa construction fût commencée par l’un des Ptolémée deux siècles avant notre ère.
Et nous voilà à Assouan, en aval des barrages, pour visiter le temple d’Isis à Philae.
Demain matin, départ très matinal en minibus pour rejoindre Abou Simbel, au bord du lac Nasser, à 40 km de la frontière soudanaise. La route, toute droite et en très bon état, est désertique.
Ramsès II, dans sa folie des grandeurs, a fait édifier à Abou Simbel dans les années -1200 avant Jésus-Christ un immense temple pour honorer Râ et quelques autres: bien sûr, nous ne sommes pas seuls à venir admirer tous ces vestiges, même si l’on nous ouvre la porte en grand avec la célèbre clef de vie.
Le deuxième temple, celui de son épouse la belle Nefertari, plus petit mais plus raffiné, honore la déesse Hathor.
Ces deux temples, découverts en 1813, étaient presque entièrement recouverts de sable, ce qui explique leur excellent état de conservation. Ils ont été déplacés avant la construction du grand barrage d’Assouan dans les années 60 pour éviter leur inondation. Il a fallu quatre ans pour découper, déplacer et reconstruire 2000 blocs de pierre pesant chacun entre 10 et 40 tonnes, un travail pharaonique!
De retour au sandal, nous repartons dans l’autre sens avec notre fidèle remorqueur qui, assisté cette fois du courant, descend le fleuve à toute allure.
Nous naviguerons des heures d’affilée en bonne compagnie pour se rapprocher de Luxor, que nous atteindrons le lendemain matin.
C’était notre dernière nuit à bord et nous quittons notre sandal avec regrets et embrassades. Il nous reste encore deux lieux magiques à découvrir à Luxor.
Karnak, un complexe religieux construit, détruit et reconstruit, modifié, remanié à partir de -2000 et pendant 2000 ans par les pharaons successifs . On y trouve des temples, des chapelles, des pylônes, et plusieurs enceintes construites au fil du temps.
La dernière image nous montre la technique de construction de ces immenses monuments: un « échafaudage » en sable ou terre que l’on rehaussait au fur et à mesure que le mur montait: simple, non?
Karnak était relié au temple de Luxor, dédié au dieu Amon, par une prodigieuse allée de sphinx de trois kilomètres de longueur, en cours de restoration actuellement. Il nous faudra donc retourner là-bas un jour pour la voir, chic!
Un petit tour en bateau
et hop! nous y sommes.
C’est fini, demain retour en France, il a neigé aux Orres et les vacances scolaires sont finies, à nous la belle poudreuse!















































































Oooh, merci pour ces belles images lumineuses ! Quelle sérénité dans ces lieux millénaires ! On vous embrasse !